Martinique : l'intersyndicale appelle à lever les barrages pour éviter un regain de tension

- Avec AFP

Martinique : l'intersyndicale appelle à lever les barrages pour éviter un regain de tension© Loïc VENANCE Source: AFP
Un barrage routier à Fort-de-France, en Martinique, le 23 novembre 2021.
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Les 17 syndicats à l'origine de la grève générale en cours en Martinique depuis deux jours ont annoncé avoir décidé de «lever les barrages» sur l'île. Reste à savoir si cette décision sera suivie par les manifestants sur le terrain.

L'intersyndicale qui a lancé le 22 novembre un mouvement de grève en Martinique a décidé de lever les barrages pour éviter un emballement des violences comparable à la situation en cours en Guadeloupe depuis le week-end dernier. Sur cette île voisine, le couvre-feu a été prolongé jusqu'au 28 novembre.

Dans la nuit du 23 au 24 novembre, Bertrand Cambusy, le secrétaire général de la CSTM – l'un des syndicats à l'origine du mouvement – a annoncé sur Martinique-La 1ère que «l'intersyndicale [avait] décidé ce soir de lever les barrages». Cet appel ne garantit toutefois pas que tous les barrages routiers soient levés rapidement, et que les heurts cessent ; d'autant moins que certains barrages sont tenus par des individus non syndiqués.

Situation explosive

Depuis le matin du 22 novembre, le réseau routier est fortement perturbé, avec barrages bloquant les principaux axes routiers – notamment aux abords des grands secteurs d'activité du Lamentin, situé au centre de la Martinique, au sud de Fort-de-France.

Le 23 novembre, le parquet de Fort-de-France a ouvert une enquête après que des forces de l'ordre et des pompiers ont été la cible de tirs par armes à feu la veille au soir dans un quartier populaire de Fort-de-France, sans faire de blessés.

Ces violences se sont produites en marge de l'appel à la grève générale qui a débuté ce même 22 novembre pour dénoncer – comme en Guadeloupe – l'obligation vaccinale et les suspensions de soignants, mais aussi le coût de la vie et les prix des carburants. 

Derrière cette mobilisation se trouvent 17 syndicats en provenance de tous les secteurs économiques de la Martinique. Ceux-ci avaient signé un préavis le 15 novembre dernier. «Nous disons au préfet de nous respecter», a lancé Eric Bellemarre, secrétaire général Force ouvrière Martinique, sur l'antenne de la radio RCI le 23 novembre. Les grévistes se sont indignés de ne pas avoir été reçus le 22 novembre par le préfet de la Martinique au terme de la première journée de manifestation, justifiant ainsi le durcissement du mouvement.

Un couvre-feu prolongé en Guadeloupe

En Guadeloupe voisine, la préfecture a décidé, après une cinquième nuit de violences, de prolonger le couvre-feu jusqu'au 28 novembre dans l'île.

Pour tenter de calmer la situation, Jean Castex a annoncé le 22 novembre la création d'une «instance de dialogue» afin de «convaincre et d'accompagner individuellement, humainement», les professionnels concernés par l'obligation vaccinale.

Une décision qui n'a pas convaincu en Guadeloupe. La nuit du 22 au 23 novembre avait là aussi été marquée par des tirs à balles réelles contre les forces de l'ordre, dénoncés par les ministres de l'Intérieur Gérald Darmanin et des Outre-mer Sébastien Lecornu. Le ministre de l'Intérieur a d'ailleurs fait du rétablissement de l'ordre public «le préalable à toute discussion évidemment».

On ne va pas négocier la sécurité sanitaire des Français

«La vaccination obligatoire pour les personnels soignants [...] n'est pas négociable, le pass sanitaire n'est pas négociable non plus. On ne va pas négocier la sécurité sanitaire des Français», a pour sa part déclaré ce 24 novembre le ministre de l'Economie Bruno Le Maire, interrogé sur France Info. Celui-ci a également souligné l'importance du «fonds de solidarité» et des «soutiens publics massifs, légitimes» pour les Antilles. «J'ai parfaitement conscience des difficultés économiques, mais on ne les traitera pas dans la violence», a-t-il assuré, avant d'estimer que «la solution pour la Guadeloupe et la Martinique n'est pas dans le déversement de centaines millions d'euros d'aides publiques». «[Les habitants] ne sont pas abandonnés», a-t-il assuré.

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