Projets d'attentats d'ultradroite : le fondateur d'OAS condamné à neuf ans de prison ferme

- Avec AFP

Projets d'attentats d'ultradroite : le fondateur d'OAS condamné à neuf ans de prison ferme© Charles Platiau Source: Reuters
Vue d'intérieur du tribunal de grande instance de Paris, le 21 septembre 2017 (image d'illustration).
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Le tribunal de Paris a condamné ce 12 octobre Logan Nisin, le fondateur du groupuscule d'ultradroite OAS, à neuf ans d'emprisonnement ferme avec maintien en détention, lors du premier procès pour terrorisme d'ultra--droite jugé en France depuis 2017.

Le jeune fondateur du groupuscule d'ultradroite Organisation des armées sociales (OAS), Logan Nisin, a été condamné ce 12 octobre par le tribunal de Paris à neuf ans d'emprisonnement ferme avec maintien en détention. C'est le premier procès pour terrorisme d'ultradroite jugé en France depuis 2017.

Le tribunal a aussi reconnu coupables cinq autres prévenus d'«association de malfaiteurs terroriste», prononçant notamment une peine de huit ans d'emprisonnement avec mandat de dépôt pour Thomas Annequin, le numéro 2 d'OAS.

Ayant reconnu vouloir recréer l'Organisation armée secrète dont son organisation tire son acronyme, il a expliqué durant le procès avoir «toujours été le plus honnête possible». «Je regrette tout ce qui s'est passé», a-t-il également confessé. Son groupuscule est accusé d'avoir prévu des plans de rackets d'entreprise pour financer des armes, des expéditions punitives, des recrutements pour «chasser des Arabes» ou encore des fabrications d'explosifs.

«Loin d'un projet politique fantasmé», la «nouvelle OAS» a été conçue en «calquant la structure de l’Organisation armée secrète de 1961», groupe politico-militaire responsable d'une répression dans les années 60 contre l'indépendance de l'Algérie, a estimé le président de la chambre en lisant son jugement.

Dans ce dossier, «tout atteste de l'imminence du passage à l'acte», «l'OAS a été créée comme une armée de défense prête le cas échéant à déstabiliser les institutions [et] à fracturer le corps social», a poursuivi le magistrat. Tout au long des deux semaines du procès, les membres du groupe ont assuré qu'ils ne seraient jamais passés à l'acte, en renvoyant la responsabilité à son fondateur, Logan Nisin. «Leur responsabilité personnelle ne saurait être diluée dans une stratégie globale désincarnée : ils ont tous, et collectivement, incarné l'OAS», a jugé le tribunal, les reconnaissant tous coupables.

La décision du tribunal correctionnel de Paris était très attendue : le dossier OAS est le premier à être jugé sur les sept enquêtes ouvertes par le parquet antiterroriste depuis 2017 concernant des projets d'attentats d'ultradroite.

Interpellé en juin 2017, son dossier avait été confié à la Sous-direction antiterroriste

Dans son réquisitoire, le procureur avait exhorté le tribunal à mesurer la «portée significative» de son jugement, qu'elle voulait exemplaire pour contrer la «montée en puissance exceptionnelle de la menace portée par la mouvance d'ultradroite». Le parquet avait requis dix ans d'emprisonnement contre Logan Nisin.

Gabriel Dumenil, qui défend Romain Pugin condamné le 12 octobre à cinq ans de prison, a décrit un «jugement sévère». «La qualification juridique, notamment de terrorisme, n'apparaît pas du tout aussi claire. Il s'agit d'un jugement qui a été rendu pour marquer une position jurisprudentielle s'agissant de procès à venir», a-t-il estimé auprès de l'AFP.

Logan Nisin avait déjà été interpellé le 28 juin 2017 pour être mis en examen et placé en détention provisoire dans le cadre d'une enquête ouverte pour «association de malfaiteurs terroriste criminelle». Une dizaine d'individus qui avaient été arrêtés le 17 octobre de la même année alors qu'ils projetaient des attaques visant des mosquées ou des hommes politiques avaient également un lien avec Logan Nisin et son groupuscule.

Fasciné par la figure de l'extrémiste norvégien Anders Behring Breivik, Logan Nisin administrait une page Facebook lui rendant hommage. Il aurait aussi été approché par le Front National, ce que Nicolas Bay, alors le secrétaire général du FN, avait fermement démenti.

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