L'ivermectine réduit «la gravité de l’infection» au Covid-19, selon l'institut Pasteur

L'ivermectine réduit «la gravité de l’infection» au Covid-19, selon l'institut Pasteur© Benoit Tessier Source: Reuters
Une boîte d'ivermectine, fabriqué par Biogaran, sur le comptoir d'une pharmacie à Paris, le 28 avril 2020 (image d'illustration).
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Une étude de l'institut français a souligné une réduction des symptômes liés au Covid-19 grâce à cet antiparasitaire, pourtant déconseillé par l'OMS. Le médicament agirait sur le récepteur nicotinique, selon le neurobiologiste Jean-Pierre Changeux.

L'institut Pasteur vient nourrir le débat sur l'ivermectine. Le centre de recherche a dévoilé le 12 juillet une étude sur les effets de ce traitement antiparasitaire contre le Covid-19, qui conclut que «la prise de ce médicament à des doses standards permet de réduire dans un modèle animal les symptômes et la gravité de l’infection au SARS-CoV-2».

Les travaux des scientifiques de l'institut, publiés dans la revue de l'Organisation européenne de biologie moléculaire, soulignent ainsi que la molécule d'ivermectine entraîne «une limitation de l’inflammation des voies respiratoires et des symptômes qui en découlent» et «une protection contre la perte d’odorat».

Une avancée significative

En revanche, le traitement ne semble pas agir sur la réplication virale : «Les modèles traités et non traités présentaient des quantités similaires de charge virale dans la cavité nasale et dans les poumons. Nos résultats révèlent que l’ivermectine possède un effet immunomodulateur et non antiviral», a expliqué Guilherme Dias de Melo, épidémiologiste et co-auteur de l’étude.

Hervé Bourhy, responsable d'unité à l'institut Pasteur qui a également participé aux travaux, estime néanmoins que ces «résultats fournissent une avancée significative et [...] ouvrent la voie à des axes de développement pour de meilleurs traitements contre la Covid-19 chez l’Homme».

L'ivermectine est un antiparasitaire couramment utilisé contre des parasites comme la gale, onchocercose (cécité des rivières) ou les poux. Le médicament fait l'objet d'une campagne de promotion sur les réseaux, notamment depuis qu'une étude australienne publiée au printemps 2020 avait observé une efficacité in vitro de la molécule d'ivermectine sur le Sars-CoV-2.

La nicotine comme bouclier ?

Mais le 31 mars, une équipe clinique de l'OMS avait affirmé que les données des études pour en mesurer l'efficacité contre le Covid-19 n'avait pas fourni de résultats probants. «Notre recommandation est de ne pas utiliser l'ivermectine pour des patients atteints du Covid-19. Ceci s'applique quel que soit le niveau de gravité ou de durée des symptômes», avait déclaré Janet Diaz, responsable du panel d'experts de l'agence onusienne. En outre, le fabricant du médicament, Merck, avait assuré le 4 février que l'idée d'un «potentiel effet thérapeutique contre le Covid-19 n'a[vait] aucune base scientifique», alertant sur de possibles risques si le médicament n'était pas correctement administré.

«Menés le plus souvent dans des pays émergents, ces essais cliniques ne réunissaient pas les conditions demandées pour la mise à l’épreuve de médicaments chez nous. Cela a conduit à des critiques tant au sein de l'Organisation mondiale de la santé qu'au sein de la direction générale de la Santé», a expliqué auprès de L'Obs Jean-Pierre Changeux, célèbre neurobiologiste co-signataire de l'étude française. Autre facteur, «la polémique autour de l’hydroxychloroquine [autre antiparasitaire] a beaucoup nui à l’évaluation objective de l’ivermectine», a avancé le chercheur.

Pour arriver à ces résultats, l'équipe de l'institut a suivi une piste développée depuis un an par Jean-Pierre Changeux avec Zahir Amoura, de la Pitié-Salpêtrière. En mars 2020, l'un des internes de ce dernier s'était questionné sur des études chinoises montrant un faible nombre de fumeurs parmi les malades. Ils ont alors travaillé sur le potentiel de protection de la nicotine contre le Covid-19.

Les deux scientifiques sont partis de l'idée que le virus pénètre l'organisme par le récepteur nicotinique, une protéine contenue dans les neurones que Jean-Pierre Changeux avait lui-même découverte et isolée en 1970. «Notre hypothèse est que le coronavirus bloquerait directement ou indirectement ce récepteur et que l’ivermectine pourrait le réactiver», a expliqué le neurobiologiste à L'Obs.

Malgré le désaveu de l'OMS, le médicament a déjà rencontré le succès dans plusieurs pays comme le Brésil, le Liban ou l'Afrique du Sud. En Indonésie, l'AFP rapporte que les pharmacies font face à une ruée sur l'ivermectine. En Inde aussi, où un collectif d’avocats de Bombay a annoncé lancer des poursuites contre Soumya Swaminathan, pédiatre spécialiste de la tuberculose et directrice scientifique de l'OMS. Les avocats indiens l’accusent d’avoir écarté des preuves en faveur de l'ivermectine, d'avoir tweeté pour en déconseiller l’usage (ce qu'ils assimilent à de la désinformation ayant entraîné des morts), et d’avoir favorisé les laboratoires qui produisent les vaccins. 

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