Qui est Damien T. l'auteur de la gifle à Emmanuel Macron ?

- Avec AFP

Qui est Damien T. l'auteur de la gifle à Emmanuel Macron ?© BFMTV/ReutersTV Source: Reuters
L'homme interpellé pour sa gifle ne serait pas impliqué dans des mouvements politiques.
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L'homme qui a giflé le président Emmanuel Macron, le 8 juin dans la Drôme, est un fan d'histoire médiévale qui suit sur les réseaux sociaux la mouvance royaliste et un activiste condamné pour provocation à la haine.

Qui est l'individu de 28 ans qui a giflé le président de la République le 8 juin à Tain-L'Hermitage (Drôme) ? Selon les informations de sources concordantes, Damien T. habite Saint-Vallier au nord de Valence. Il est passionné d'histoire médiévale et suit des courants royalistes sur les réseaux sociaux. Avant son acte, l'homme a d'ailleurs crié «Montjoie Saint-Denis, à bas la macronie !», Montjoie Saint-Denis étant une référence aux chevaliers au Moyen Age.

Sur YouTube, Damien T. est abonné à plusieurs chaînes de personnalités controversées comme Henry de Lesquen, condamné en 2018 pour provocation à la haine et contestation de crime contre l'humanité, ou royalistes comme celle du Cercle Richelieu.

Sa page Facebook indique qu'il «aime» celle du groupe Action française Lyon, parmi d'autres des mêmes mouvances. L'Action française est un mouvement d'inspiration monarchiste et nationaliste.

A Saint-Vallier, il y a fondé deux associations dans les arts martiaux historiques européens – une pratique de combats «tombés dans l'oubli» qui compte 1 500 pratiquants en France – et les jeux de plateau à figurines. Il y côtoie son ami Arthur C., 28 ans, arrêté à ses côtés après avoir filmé l'agression du chef de l'Etat.

Rencontré par l'AFP le 8 juin au soir à Saint-Vallier, Loïc Dauriac, 36 ans, est un ami des deux hommes – le second est le parrain de sa fille. Il se trouvait d'ailleurs avec eux avant le passage d'Emmanuel Macron – les trois ont été filmés par une équipe de l'émission Quotidien.

Parti avant la gifle, il dit avoir été «énormément» étonné par le geste de Damien T. : «C'est pas quelqu'un de violent.»

Interrogé sur les fréquentations en ligne de Damien T., Loïc Dauriac répond qu'il n'est «pas surpris» car son ami «est de nature curieuse». Mais «il n'a pas ces idées-là». «Il est contre les royalistes. Pour lui, ils ont des idées à la con», assure-t-il. Pourquoi, dès lors, avoir prononcé leur cri de guerre, «Montjoie Saint-Denis», en s'en prenant au président ? Pour Loïc Dauriac, il ne faut pas y voir une référence royaliste mais plutôt une allusion au film Les Visiteurs : en bon «médiéviste», il aurait pu tout aussi bien lancer une réplique de la série télévisée Kaamelott.


Un homme qui ressentait «un gros ras-le-bol» ?

Selon lui, Damien T. vit de petites missions d'intérim après avoir entamé, sans les achever, des études de thanatopraxie. Ses deux associations visent à faire vivre la commune et son histoire, «assez riche avec Diane de Poitiers» (qui fut comtesse de Saint-Vallier), et à «défendre la belle image de la France».

Et de tenter d'expliquer le geste du jour par des rancœurs contre un discours d'Emmanuel Macron, en 2017, sur la diversité de la culture française ; par les difficultés «à joindre les deux bouts» ; par le «gros ras-le-bol» face à un président «qui ne nous écoute pas». Selon France Télévisions, Damien T. et Arthur C. auraient d'ailleurs participé à des manifestations de Gilets jaunes.

«Ces gens-là, ça fait des années qu'ils n'ont pas voté», poursuit Loïc Dauriac au sujet des mis en cause. Selon d'autres proches rencontrés par l'AFP et France Télévisions, les deux hommes en garde à vue ne seraient pas engagés politiquement.

Selon le procureur de la République Alex Perrin, Damien T. se serait dit en garde à vue proche de «la mouvance des Gilets jaunes» et partageant des «convictions politiques traditionnelles de droite ou d'ultra-droite» sans être «d'aucun parti ni militantisme exprimé», il a affirmé avoir «agi d'instinct et "sans réfléchir" pour exprimer son mécontentement».

Une perquisition a eu lieu à son domicile le 9 juin au soir, avec la saisie d'un ordinateur personnel. «De nombreux livres de jeu de rôles, de simulations de combats, des ouvrages sur le Moyen Age et même un drapeau soviétique ont été retrouvés. Des armes de reproduction ont été également découvertes», précise Le Parisien. L'auteur présumé sera déféré le 10 juin en vue d'une comparution immédiate.

Selon l'article 222-13 du Code pénal, il risque jusqu'à trois ans d’emprisonnement et 45 000 euros d’amende.

Interpellé avec lui, son camarade «Arthur C. va se voir délivrer une convocation en justice pour la fin du second semestre 2022 pour répondre des infractions en lien avec les armes détenues illégalement» trouvées à son domicile.

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