Le rappeur Booba estime que le RN «ne devrait jamais exister, c'est comme des nazis»

Le rappeur Booba estime que le RN «ne devrait jamais exister, c'est comme des nazis»© REUTERS / Youssef Boudlal
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Le rappeur français Booba en concert à Rabat, au Maroc, le 16 mai 2017 (illustration).
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Le chanteur à succès a expliqué que le parti de Marine Le Pen s'inscrivait dans la lignée de Jean-Marie Le Pen, qui «a torturé des Algériens» pendant la Guerre d'Algérie. «Je ne trouve pas ça normal qu'on puisse voter pour des nazis», a-t-il ajouté.

Le rappeur Booba, invité de la matinale de France Inter ce 27 mai, a été interrogé sur le Rassemblement national, un parti qui selon lui «ne devrait jamais exister» car «c'est comme des nazis». «Je ne trouve pas ça normal qu'on puisse voter pour des nazis», a ajouté le chanteur franco-sénégalais auprès de la journaliste Léa Salamé. Pour le rappeur, on «ne devrait pas pouvoir voter pour quelqu’un du Front national» (ancien nom du RN), et «il ne peut pas y avoir un parti nazi en France», a-t-il encore expliqué.

Interrogé sur le contraste entre l'actuelle présidente du parti Marine Le Pen et son père, qui a fondé le Front national, Booba a estimé qu'il n'y avait pas de différence. «C'est le sang. Il a torturé des Algériens Jean-Marie Le Pen, quand même», a-t-il développé.

Booba a fait référence à une polémique qui suit depuis soixante ans Jean-Marie Le Pen, au sujet d'une participation supposée à des actes de torture pendant la Guerre d'Algérie. Le Pen avait affirmé auprès du journal Combat le 9 novembre 1962 n’avoir «rien à cacher» : «Nous avons torturé en Algérie parce qu’il fallait le faire.» Le Canard enchaîné et Libération avaient affirmé au milieu des années 1980 que l'ancien chef de section du 1er régiment étranger de parachutistes avait effectivement pratiqué la torture, une accusation réitérée par Le Monde au début des années 2000.

Jean-Marie Le Pen a plusieurs fois nié, expliquant dans ses Mémoires parues en 2018 que le sens de sa phrase de 1962 dans Combat avait été détourné : «Le "nous" désigne l’armée française, dont je suis solidaire, non pas moi et mes camarades, qui n’étions nullement chargés, je le répète, des interrogatoires spéciaux.» Dans le même ouvrage, il a néanmoins justifié le recours à la torture, dans la lignée de ce qu'il affirmait soixante ans plus tôt : «Oui, l’armée française a bien pratiqué la question pour obtenir des informations durant la bataille d’Alger, mais les moyens qu’elle y employa furent les moins violents possibles.»

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