Stalingrad : les riverains tapent sur des casseroles à 20h contre les dealers de crack (IMAGES)

Stalingrad : les riverains tapent sur des casseroles à 20h contre les dealers de crack (IMAGES)© Charles Baudry
Habitante tapant sur des couvercles de casserole à sa fenêtre dans le quartier Stalingrad à Paris (XIXe arrondissement) le 11 mai.
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Excédés par les violences et les nuisances sonores engendrées par le trafic de crack, des riverains du quartier Stalingrad à Paris tapent sur des ustensiles à leur fenêtre après le couvre-feu. Ils réclament l'aide des pouvoirs publics.

«Ce soir c'est les riverains qui désormais ont décidé de faire entendre leur voix», c'est par ces mots qu'un homme, souhaitant garder l'anonymat, a justifié auprès de RT France les concerts de casseroles qui se font désormais entendre à 20h aux fenêtres des immeubles de plusieurs rues du quartier de Stalingrad à Paris (XIXe arrondissement). Ces riverains se plaignent de la présence de nombreux dealers et toxicomanes dans le quartier, dont la présence s'est accrue depuis l'évacuation de la «colline du crack» au nord de la capitale 2019, où ils se réunissaient jusqu'alors. 

«Depuis deux ans environ, on subit du bruit au quotidien, on a trouvé que c'était effectivement une bonne idée à notre tour de faire du bruit», a expliqué Corinne, une habitante à RT France, affirmant qu'il fallait alerter sur ce «vrai problème de santé publique qu'est la gestion de la toxicomanie à Stalingrad».

Les habitants dénoncent des violences et nuisances sonores quotidiennes, ainsi qu'une inertie des pouvoirs publics dans la prise en charge des toxicomanes et la lutte contre les dealers. Ils seraient des centaines à errer dans les rues alentours tous les soirs, selon les témoignages recueillis par RT France : «On est insensibilisés à la violence, voir des gens se prendre des coups de tesson de bouteille dans la gorge pour nous c'est normal, et ça c'est pas normal. Voir des gens qui meurent sous le cinéma du MK2 c'est pas normal, mais on est habitués», a déclaré encore un habitant à RT France.

La situation a dégénéré en confrontation avec la population locale. C'est ainsi que l'AFP rapporte que les fumeurs de crack ont été pris pour cible par des tirs de mortiers d'artifice, possiblement tirés par des riverains, ou qu'ils ont été visés par des sacs remplis de peinture jetés depuis des balcons. 

Les autorités affirment de leur côté prendre la situation au sérieux. La préfecture de police contactée par l'AFP a déclaré avoir déployé «112 unités de forces mobile» dans le quartier depuis le début de l'année, «soit trois fois plus en quatre mois que sur l'ensemble de l'année 2020».

Mais des comptes twitter administrés par des riverains dénoncent pour leur part des actions sans efficacité, les toxicomanes revenant sur place une fois les forces de l'ordre parties.

«Hier soir [le 10 mai], on a vécu une soirée un peu particulière parce qu'il y a eu pendant quatre heures une opération policière qui a consisté à boucler le quartier, à pousser [les toxicomanes] on ne sait pas trop où mais finalement à 23h30, 200 toxicomanes sont revenus sur le site, parce qu'ils n'ont que là où aller, c'est the place to be et ça a été un enfer toute la nuit», a relaté Corinne à RT France qui a évoqué une simple «opération de communication». 

Le 12 mai, le député LREM du XIXe arrondissement de Paris Mounir Mahjoubi s'est déplacé sur place pour apporter son soutien aux riverains. L'élu veut  notamment ouvrir une «salle de shoot [Centre temporaire d'accompagnement à la réduction de risques pour les usagers de drogue]» à proximité des Invalides dans le VIIe arrondissement de Paris, où se trouve entre autres les Invalides et l'Assemblée nationale. «Plus qu'un symbole, il s'agit de promouvoir une véritable solidarité en les quartiers parisiens en souffrance et les plus préservés de la misère humaine», plaidait-il le 4 mai dans un courrier au ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin. 

«Je propose une solution globale : raccompagnement systématique et prise en charge sociale. La mairie doit s'engager dans cette lutte», écrivait-il encore dans un tweet le 11 mai. Le député a déclaré le 10 mai sur la chaîne BFM Paris que ses sollicitations de la mairie de Paris dirigée par la gauche, et la mairie du VIIe arrondissement dirigée par l'ancienne garde des Sceaux LR Rachida Dati, n'avaient pas reçu de réponses. «Par contre j'ai aussi écrit au ministre de l'Intérieur qui lui m'a répondu immédiatement et s'est engagé à venir dans le XIXe arrondissement pour préciser les mesures qui seront mises en place pour la sécurité», a précisé l'élu. 

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