«Coup politique minable», «démagogie» : l'opposition étrille l'annonce de Macron sur l'ENA

«Coup politique minable», «démagogie» : l'opposition étrille l'annonce de Macron sur l'ENA© Vincent KESSLER Source: Reuters
Une plaque située à l'entrée du bâtiment de l'ENA, à Strasbourg, le 24 avril 2019 (image d'illustration).
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L'annonce de la réforme de l'ENA par Emmanuel Macron a suscité de nombreuses critiques, certaines personnalités jugeant qu'il s'agissait d'un «coup de com» prétendant répondre à une demande que les Gilets jaunes n'avaient pas formulée.

L'annonce par Emmanuel Macron que la prestigieuse Ecole nationale d'administration allait être supprimée et remplacée par un «Institut du Service public» (ISP) a suscité de nombreuses réactions négatives de la part de personnalités politiques et de journalistes. Ils fustigent un «coup de communication» démagogique, qui prétend répondre à une demande des Gilets jaunes mais éluderait les «vrais problèmes». 

Pour la présidente du Rassemblement national Marine Le Pen, l'annonce du chef de l'Etat est «une opération de communication de la part d'Emmanuel Macron, une fois de plus, une fois de trop». «Je ne crois pas que le changement de nom soit ce qu’attendent les Français», a-t-elle noté sur France Bleu Nord, estimant que les Français souhaitait plutôt «un changement d’état d’esprit du fonctionnement de l’Etat plutôt que le changement des écoles de formation». Marine Le Pen a aussi estimé que l'introduction de la proportionnelle aux élections législatives – un autre engagement de campagne d'Emmanuel Macron – serait «beaucoup plus important» pour le fonctionnement de la démocratie.

Dans un entretien accordé auFigaro, le député Les Républicains (LR) du Vaucluse Julien Aubert a qualifié l'annonce d'Emmanuel Macron de «pathétique» parce que «démagogique». Il estime que «le vrai problème de la fonction publique est qu’elle est perméable aux intérêts privés» et que le président de la République cherche à montrer «que l’on peut supprimer un problème en supprimant le nom d’une structure».

«Tant qu’à faire, supprimons aussi l’agrég de philo, le doctorat de médecine, HEC, l’ESSEC, l’ENS, l’X et tous ces machins terriblement ringards et diablement élitistes», a estimé non sans ironie son collègue député LR Guillaume Larrivé. «Avec un tirage au sort, une convention citoyenne ou un grand débat, ça ira tellement mieux», a-t-il conclu.

Selon le président des Patriotes Florian Philippot, les débats entourant la suppression la suppression de l'ENA ne sont que du «bavardage». «ENA ou pas ENA, on parlera sérieusement de l’Etat en France quand il sera redevenu un Etat [...] quand la France sera un pays souverain», a-t-il développé. 

Le député et président de Debout la France Nicolas Dupont-Aignant a jugé que «le pire représentant de l’oligarchie» Emmanuel Macron supprimait l’ENA pour «faire un coup de com». «Par quoi va-t-il la remplacer ? Une business school de politique publique ?», s'est-il interrogé, en mettant en garde contre la «cooptation» et le «copinage politique». «Le vrai enjeu c’est la démission du politique face à la technocratie de Bruxelles et au milieu des affaires !», a-t-il proclamé. 

L'ex-député PS et ancien président du conseil général de l'Essonne Jérôme Guedj – lui-même énarque – a quant à lui déclaré qu'il fallait remplacer l'ENA «par un tirage au sort».

L'éditorialiste Alexis Poulin a pour sa part estimé sur RT France qu'Emmanuel Macron «n'enterre pas l'ENA, loin de là». Une institution qui était selon lui devenue au fil du temps «une école de commerce bis», dont les élèves sortent pour «gérer les grandes boîtes publiques et pour faire un peu tout et n'importe quoi [...] et ensuite avoir une carrière politique». En ce qui concerne l'argument selon lequel la suppression de l'ENA ferait écho à une demande des Gilets jaunes, Alexis Poulin rappelle que les cahiers de doléances de ceux-ci sont «enterrés au sous-sol de la Bibliothèque national de France» et qu'«on ne sait toujours pas ce qu'il y a eu réellement» dans ces cahiers. 

L'écrivain et éditorialiste Eric Zemmour a commenté sur CNews qu'il s'agissait d'un «coup politique absolument minable [...] de la part d'Emmanuel Macron et de François Bayrou», rappelant lui aussi que les Gilets jaunes «n'avaient rien demandé de tel». 

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