L'ex-policier syndicaliste Alexandre Langlois révoqué de la police déplore une «décision politique»

L'ex-policier syndicaliste Alexandre Langlois révoqué de la police déplore une «décision politique» Source: RT France
Alexandre Langlois sur le plateau de RT France
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L'ancien policier militant Alexandre Langlois n'est pas connu pour mâcher ses mots, aussi il n'y va pas par quatre chemins après sa révocation pour dénoncer Gérald Darmanin qui, selon lui, ne supporterait pas «la liberté d’expression».

Militant syndical policier bien connu des médias pour ses prises de position tranchées sur les modalités d'emploi de ses collègues par l'administration, le secrétaire général de Vigi-MI, Alexandre Langlois a appris sa révocation des rangs de l'institution le 15 mars. Il demeure toutefois secrétaire général de son syndicat.

Sur le plateau de RT France, l'ancien policier a estimé qu'il pouvait être considéré comme un lanceur d'alerte, notamment sur son travail contre le phénomène du suicide dans la police nationale, mais il a également rappelé que sa révocation était, à son sens, un avertissement lancé aux autres syndicats : «Je savais qu'une décision politique allait tomber et c'est ce qui s'est passé. Monsieur Darmanin a choisi tout seul de me révoquer de la police nationale parce qu'il ne supporte pas la liberté d'expression. J'avais choisi de quitter la police avec une rupture conventionnelle, il n'a pas donné suite. Donc il a choisi cette option-là. En plus, dans le cadre du Beauvau de la sécurité, il fait passer un message à tous les syndicalistes pour leur dire "si jamais vous n'allez pas dans le sens du gouvernement, attention, nous avons les moyens de vous révoquer".»

Officiellement, Alexandre Langlois est révoqué pour avoir nui à l'image de la police nationale à travers ses contributions syndicales et médiatiques, notamment dans les oppositions qu'il a pu avoir avec l'ancien directeur général de la police nationale, Eric Morvan, ou avec l'ancien ministre de l'Intérieur, Christophe Castaner. Interrogé par RT France, il ironise d'ailleurs à ce sujet : «Je réfute cette accusation d'avoir sali l'image de la Police nationale et je me permets de rappeler que je ne suis pas le ministre contre qui pèsent des accusations graves et contre qui ont manifesté des féministes devant Beauvau.»

Le syndicaliste a toutefois décidé de faire appel de cette décision en référé au tribunal administratif et persiste dans sa demande de quitter l'institution en bénéficiant d'une rupture conventionnelle.

En attendant, il a lancé une cagnotte de «pot de départ» pour subvenir aux besoins immédiats de sa famille et estime avoir la chance de pouvoir tenir financièrement jusqu'à la décision qui sera rendue dans un à deux mois.

Pour conclure, il livre à RT France une anecdote qui symbolise selon lui tout le paradoxe de cette décision administrative : «Je suis arrivé au travail lundi matin, on m'a dit que mon habilitation confidentiel-défense avait été refusée et que je n'allais plus pouvoir travailler dans mon service. Ce même jour, on m'a également notifié ma notation élogieuse en tant que fonctionnaire de police bien noté à 6/7. Puis à 16 heures, on m'a convoqué en rendez-vous le même jour. Je pensais qu'il s'agissait de me proposer d'autres postes en police nationale du fait de ce refus d'habilitation [désormais nécessaire pour travailler au renseignement territorial où officiait Alexandre Langlois]. Mais non : en fait, on me convoquait pour me remettre la notification de ma révocation ! J'ai fait le grand huit émotionnel ce jour-là...»

Le syndicaliste s'étonne également de la rapidité de cette décision alors que le conseil disciplinaire paritaire qui s'était déclaré incompétent à juger de ses éventuelles fautes s'était tenu le 20 janvier 2021. Avec colère, il souligne au contraire la lenteur de l'institution dans le paiement des sommes qu'elle lui doit : «L'administration a été condamnée à me payer 5 000 euros d'indemnités et 1 500 euros de frais de justice en 2018 et je n'ai jamais rien reçu depuis.»

D'autres familles syndicales et associations de police ont fait part de leur écœurement après cette décision et ont envoyé des messages de soutien à Alexandre Langlois. C'est le cas de l'association policière UPNI qui a alerté sur Facebook : «Dans une République digne de ce nom on ne révoque pas un secrétaire général d’une organisation syndicale qui défend des valeurs qui lui sont propres. Que l’on adhère ou pas aux hommes et à l’organisation qu’ils représentent. Ce sont les élections qui sanctionnent leur représentativité, pas l’administration. Cette décision est donc lourde de symboles. L’accepter peut être considéré comme une forme de complicité passive de la part de ceux qui revendiquent être des syndicalistes vertueux. Aujourd’hui, Alexandre Langlois, demain qui d’autre ? [...] Nous serions à la place des plus honnêtes (car il y en a) nous quitterions immédiatement le Beauvau de la Sécurité qui n’a d’autre objectif que d’anesthésier les consciences.»

Antoine Boitel

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