Dix mois de prison avec sursis à l'encontre du fondateur de BarakaCity pour cyberharcèlement

- Avec AFP

Dix mois de prison avec sursis à l'encontre du fondateur de BarakaCity pour cyberharcèlement© JEFF PACHOUD / AFP Source: AFP
Tribunal de Lyon le 26 janvier 2021 (image d'illustration).
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Le tribunal d'Evry a condamné le fondateur de l'association, aujourd'hui dissoute, Barakacity à 10 mois de prison avec sursis. Il a été reconnu coupable d'avoir harcelé en ligne Zohra Bitan, chroniqueuse à RMC.

Le fondateur de l'ONG BarakaCity récemment dissoute par le gouvernement, Idriss Sihamedi, a été condamné ce 12 mars à Evry (Essonne) à 10 mois de prison avec sursis, reconnu coupable d'avoir harcelé en ligne une chroniqueuse de la radio RMC. Il devra également s'acquitter d'une amende de 5 000 euros.

Idriss Sihamedi, de son vrai nom Driss Yemmou, avait reconnu devant les enquêteurs avoir publié en septembre 133 tweets mettant en cause Zohra Bitan. Le fondateur de BarakaCity accusait la chroniqueuse de «déverser sa haine sur les femmes musulmanes». 

Le 11 septembre, BFM avait publié la vidéo d'une étudiante en hidjab dispensant des conseils de cuisine. La chroniqueuse de RMC avait réagi en déclarant publiquement que ce choix de porter le voile correspondait «à une idéologie d'où découlent d'innombrables inégalités femmes-hommes».

Un harcélement avec le hashtag #BalanceZohraBitan

Sur Twitter, Idriss Sihamedi avait alors interpellé la chroniqueuse et ses deux fils à propos de supposées infractions pénales, en poussant les utilisateurs du réseau social à leur demander des explications, via le hashtag #BalanceZohraBitan. Le prévenu avait également publié une photographie de la boîte aux lettres de la famille ainsi qu'un courrier en recommandé volé.

Lors du procès en février, le procureur avait fustigé une logique «d'intimidation», en évoquant des «propos diffamatoires» et le «caractère répété et dégradant» des faits.

L'avocat de Idriss Sihamedi, Me Samim Bolaky, avait fait valoir que son client n'avait pas eu l'intention de se livrer au cyberharcèlement mais souhaitait «mettre en exergue les contradictions» supposées de madame Bitan.

Les experts avaient estimé que les victimes présentaient des troubles anxio-dépressifs et des symptômes de stress post-traumatique. Idriss Sihamedi avait déjà comparu pour des faits similaires.

En janvier, le tribunal correctionnel de Paris l'avait relaxé des poursuites de harcèlement en ligne à l'encontre de l'ancienne journaliste de Charlie Hebdo et militante Zineb El Rhazoui. Une relaxe dont le parquet a fait appel. 

La semaine dernière, il a cependant été condamné par le tribunal de Paris à 3 000 euros d'amende pour injures racistes envers Zineb El Rhazoui, dans un dossier distinct. L'association BarakaCity avait été dissoute en octobre par le gouvernement qui l'accuse de liens avec la mouvance islamiste radicale.

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