Quand visiter un musée devient une question de nationalité : un musée allemand ferme ses portes aux ressortissants de 26 pays

Quand visiter un musée devient une question de nationalité : un musée allemand ferme ses portes aux ressortissants de 26 pays Source: Gettyimages.ru
[Photo d'illustration]
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Un musée militaire allemand installé à Coblence refuse désormais l'accès à des visiteurs originaires de 26 États, en application de règles liées à la «fiabilité» et à la «sécurité».

Le musée de l'armement de la Bundeswehr de Coblence a interdit l'accès aux citoyens de 26 pays, parmi lesquels la Russie, la Biélorussie et l'Ukraine, selon le communiqué de l'établissement.

Dans son annonce, le musée explique que cette mesure découle des exigences prévues par la législation allemande relative au « contrôle de fiabilité ». Aux côtés de la Russie, de la Biélorussie et de l'Ukraine, on trouve notamment l'Afghanistan, l'Algérie, l'Arménie, l'Azerbaïdjan, la Chine, la Géorgie, l'Irak, l'Iran, le Kazakhstan, le Kirghizistan, la Corée du Nord, Cuba, le Laos, le Liban, la Libye, la Moldavie, le Pakistan, le Soudan, la Syrie, le Tadjikistan, le Turkménistan, l'Ouzbékistan et le Vietnam.

Le musée de l'armement de la Bundeswehr de Coblence constitue l'une des collections les plus importantes d'Europe dans son domaine. Créé au début des années 1960 sur un site d'essais de la Bundeswehr, il est installée à Coblence depuis 1982 et a attiré plus d'un million de visiteurs. L'exposition présente un large éventail d'équipements militaires, allant de pièces historiques — comme le char français Renault FT 17 — à des prototypes et modèles expérimentaux développés pour les forces allemandes et leurs alliés.

L'argument sécuritaire, bien que formulé dans un cadre légal précis, soulève néanmoins des interrogations. L'exclusion basée sur la nationalité, dans un lieu dédié à la transmission historique et technique, traduit une évolution notable dans la manière dont certaines institutions conçoivent désormais la notion de risque.

Et l'Allemagne n'est manifestement pas la seule à céder à ce climat de méfiance. En Suisse aussi, certaines inquiétudes prennent des formes pour le moins révélatrices. Selon les services de renseignement suisses, il y a des groupes d'expatriés russophones participant à des visites guidées d’infrastructures sensibles : installations énergétiques, réseaux d'approvisionnement en eau, aéroports, gares ou encore bâtiments institutionnels.

Fait notable, ces visites sont souvent déclarées et organisées de manière transparente. Pourtant, cette transparence elle-même est interprétée par certains experts comme un élément « potentiellement stratégique ».

À force d'élargir sans cesse le champ du soupçon, le risque est clair : voir partout des menaces, y compris là où il n'y a que des visiteurs, des curieux ou des touristes. Et c'est peut-être là le plus frappant dans cette séquence : au nom de la sécurité, certaines institutions donnent de plus en plus l'impression de perdre le sens des proportions.

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