Meurtre de l'adolescente Alisha à Argenteuil : deux mineurs écroués

- Avec AFP

Meurtre de l'adolescente Alisha à Argenteuil : deux mineurs écroués© THOMAS SAMSON Source: AFP
Le procureur de Pontoise (Val d'Oise) Eric Corbaux en conférence de presse sur l'affaire de l'assassinat d'Alisha.
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Un garçon et une fille de 15 ans ont été mis en examen dans l'affaire du meurtre d'Alisha, 14 ans. Ils avaient précédemment été mis en examen pour l'assassinat de leur camarade de classe, violemment frappée puis noyée dans la Seine à Argenteuil.

Le procureur de Pontoise a livré le 10 mars le sordide récit de la mort d'Alisha, 14 ans, frappée puis jetée dans la Seine pour des «futilités» par deux camarades de classe d'Argenteuil.

Les deux adolescents, un garçon et une fille de 15 ans, ont été mis en examen pour assassinat, a fait savoir le parquet de Pontoise. La même source a annoncé un peu plus tard que les deux suspects, T. et J., avaient été placés en détention provisoire.

Ils encourent jusqu'à 20 ans de prison au lieu de la perpétuité en raison de leur minorité, mais leurs auditions laissent entrevoir des motifs divers et parfois nébuleux qui ont conduit à une agression préméditée et violente, ne laissant aucune chance à la jeune Alisha de s'en sortir.

Le 8 mars en fin d'après-midi, les trois collégiens se sont retrouvés à l'ombre du viaduc de l'autoroute A15 qui enjambe la Seine, sur un chemin à l'écart des habitations. Alisha a accepté d'y suivre J., qui avait sollicité le rendez-vous, «à la demande de son copain», a retracé Eric Corbaux, le procureur de la République de Pontoise, lors d'une conférence de presse.

Jetée dans la seine, la victime serait décédée par noyade

Après quelques minutes d'échange entre filles, le jeune homme, «qui était resté dissimulé» derrière un pilier du pont, «se serait approché de la victime et lui aurait donné par surprise des coups au visage, lui aurait tiré les chevaux et lui aurait fait une balayette la faisant tomber au sol», a expliqué le magistrat.

Les coups pleuvent, dans le dos, à la tête. «La victime à ce moment-là était encore consciente, elle gémissait les yeux ouverts», selon le parquet. Cherchant à «faire disparaître les traces des violences qu’ils avaient commises», les deux agresseurs présumés «auraient alors attrapé la victime pour la jeter dans la Seine en contrebas du quai, un quai très haut». Alisha est morte par noyade, selon les premiers résultats de l'autopsie.

Quand le couple d'agresseurs présumés revient au domicile du jeune homme, celui-ci, les vêtements couverts de sang, livre un récit des faits à sa mère, qui prévient la police. Les deux adolescents se changent et ne montrent «pas d'expression de panique ou autre à ce moment-là», précise le procureur. De fait, ils quittent rapidement le domicile et se rendent à Paris, où ils achètent de quoi manger, avant d'aller chez une connaissance qui n'était au courant de rien.

Les suspects ont été interpellés à cet endroit dans la nuit suivante à 2 heures du matin.

Retraçant l'histoire de leur amitié, le procureur précise que la victime et les deux suspects se sont rencontrés au lycée professionnel d'Argenteuil et sont devenus amis. Le trio se construit sur des amourettes : Alisha et le jeune homme entretiennent une brève relation, puis il s'entiche de l'autre adolescente. Mais «les deux jeunes filles gardent des relations amicales, ce que le jeune homme a du mal à accepter», note Eric Corbaux.

Des photos en sous-vêtements diffusées sur Snapchat

Une succession d'éléments vient alors dégrader cette situation. En février, la victime se fait pirater son téléphone et des photos d'elle en sous-vêtements sont diffusées sur le réseau social Snapchat.

Ces faits avaient amené l'établissement scolaire à ouvrir une procédure disciplinaire à l'encontre de deux camarades d'Alisha, qui sont temporairement exclus et «étaient convoqués en conseil de discipline pour ce mardi», soit le lendemain du drame, a précisé le lycée.

A cet épisode s'ajoutent une bagarre entre les deux jeunes filles dans l'enceinte de l'établissement ainsi que la colère du jeune homme, qui ruminait le fait qu'Alisha avait, selon lui, «parlé mal de son père décédé».

Ce sont «des futilités de ce type-là qui auraient justifié l'envie de faire quelque chose envers la victime», a esquissé le procureur, indiquant que cette volonté ressortait de SMS échangés entre les deux protagonistes présumés. Durant leur audition dans les locaux de la police judiciaire, les jeunes suspects «n’ont pas fait part non plus d’un remords immédiat», a lâché le magistrat.

«On parle de ces jeunes gens qui ont à peine 15 ans...», laisse-t-il planer en conférence de presse, avant d'ajouter : «On n’est pas toujours dans quelque chose qui est de la rationalité la plus totale.»

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