Deux frères placés en garde à vue pour l'assassinat de l'adolescent de 15 ans tué par balle à Bondy

- Avec AFP

Deux frères placés en garde à vue pour l'assassinat de l'adolescent de 15 ans tué par balle à Bondy© BenoÎt TESSIER Source: Reuters
Un commissariat de police à Paris, le 22 janvier 2019 (image d'illustration).
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Deux frères âgés de 17 et 27 ans se sont présentés à la police et ont été placés en garde à vue pour l'assassinat d'un adolescent de 15 ans survenu la veille en banlieue parisienne. Un «différend» l'aurait opposé à ses agresseurs depuis près d’un an.

Le 27 février 2021, deux frères âgés de 17 et 27 ans se sont présentés à la police et ont été placés en garde à vue pour l'assassinat d'un adolescent de 15 ans à Bondy (Seine-Saint-Denis). Celui-ci avait été tué la veille d'une balle dans un centre de loisirs pour un simple «différend» aux motifs indéterminés, selon le parquet. La mort par balle d'Aymen dans une maison de quartier de la banlieue nord-est de Paris a choqué dans une région déjà marquée en début de semaine par la mort de deux adolescents de 14 ans au cours de rixes entre jeunes dans deux villes de l'Essonne

Cette fois, «il apparaît qu’un différend opposait la victime et ses agresseurs depuis près d’un an sans que l’origine ne soit pour l'heure connue», a rapporté le parquet de Bobigny dans un communiqué cité par l'AFP. Les deux frères, «identifiés par des témoins, se sont présentés aux services [des] enquêteurs» dans la matinée du 27 février, ajoute-t-il.

Un règlement de comptes qui suscite la consternation

Selon les premiers éléments de l'enquête, une première altercation avait opposé la victime et les deux mis en cause. Les animateurs de la maison de quartier Nelson Mandela de Bondy étaient alors intervenus pour les séparer. Le père de l'adolescent était venu chercher son fils, mais une seconde altercation l'avait opposé aux deux frères restés à proximité, toujours selon le communiqué. 

Vers 17h, «les deux individus circulant à bord d’un scooter revenaient sur place. Le passager arrière porteur d’une arme à feu se dirigeait devant la porte d'entrée de l'espace Nelson Mandela, glissait le canon dans l'entrebâillement de la boîte aux lettres […] et faisait usage de son arme, blessant mortellement le jeune mineur» atteint à la poitrine, a précisé le parquet.

Le père de l'adolescent, Ahmed Kaid, était présent. «Au moment où [l'assaillant] a "attrapé" la porte, la directrice […] m'a dit : "c'est lui, c'est lui", il ne faut pas ouvrir la porte», a-t-il témoigné au micro de France 3. «[L'assaillant] a vu mon fils qui était debout, il lui a donné une balle au thorax […] Le dernier mot qu'[Aymen] m'a dit, c'est "papa, j'ai mal"», a confié le père qui a vu son fils mourir dans ses bras. «On s'est dit que c'était des balles à blanc pour jouer là […] Mais non, c'était une vraie balle», a également relaté Ahmed Kaid sur BFM TV.

Le jeune garçon était réputé assidu à des cours de boxe avant les restrictions sanitaires dues à la pandémie de Covid-19. Dans un message posté sur Facebook, son entraîneur au club de Bondy, Christophe Hamza, le décrit comme «un bon garçon, volontaire et téméraire». Le coach s'est dit «consterné», «abattu», «en colère», car la vie de l'adolescent «s'est arrêtée un vendredi, à l'heure à laquelle il était censé s'entraîner à la boxe». Christophe Hamza a rappelé que les «clubs sont fermés depuis des mois» et que les «enfants tournent en rond» dans cette ville populaire de banlieue.

L'attaquant du PSG Kylian Mbappé, originaire de Bondy, a rendu hommage au jeune Aymen. «Il n'y a pas d'au revoir pour nous. Peu importe où tu es, tu seras toujours dans le cœur des Bondynois. Repose en paix», a publié l'international français sur son compte Twitter.

Dans un communiqué relayé sur Twitter, le maire de Bondy, Stephen Hervé (Les Républicains), a évoqué «un drame atroce» que «rien ne peut justifier», survenu dans le bâtiment municipal servant de centre de loisirs. Il a salué «l'exemplarité des animateurs qui ont fait leur maximum pour protéger les jeunes qui fréquentent la structure». L'édile a également lancé un «appel général au calme et à la raison», tout en jugeant indispensable «une présence renforcée» des forces de police pendant plusieurs semaines dans sa ville.

Selon lui, une cellule de soutien a été mise en place «pour les témoins et l'entourage de la victime, profondément choqués».

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