«Inacceptable» : Les opposants à la suppression de la viande dans les cantines de Lyon se mobilisent

FABRIZIO BENSCH Source: Reuters
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Une élève mange son repas dans une cantine d'un établissement de Berlin (Allemagne), le 28 janvier 2021 (image d'illustration).
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Le 22 février, des agriculteurs ont manifesté à Lyon pour dénoncer la décision du maire EELV, Grégory Doucet, de retirer les viandes de la cantine. Plusieurs ministères ont réagi et des parents d'élèves souhaitent annuler la décision de l'élu.

Le 22 février 2021, des agriculteurs ont manifesté à Lyon (Rhône) devant l'hôtel de ville pour protester contre la décision du maire écologiste Grégory Doucet (Europe Ecologie les Verts) d’imposer des menus sans viande dans les cantines scolaires à compter de la rentrée scolaire. Répondant à l’appel de plusieurs syndicats, une centaine d’agriculteurs se sont rendus sous les fenêtres de la mairie pour faire entendre leur mécontentement. 

Dans un communiqué commun publié le 19 février, la Fédération départementale syndicats exploitants agricole du Rhône (FDSEA) et les Jeunes agriculteurs Rhône (JA), demandent une rencontre avec le maire et rappellent la nécessité d’apporter aux enfants des repas variés, soulignant que les légumes ne peuvent pas être des menus de substitution car ils n’ont pas la même valeur nutritionnelle qu’un morceau de viande. «Tout cela devient inacceptable et la crise du Covid n'excuse pas tout !», avait estimé la FDSEA avant de donner rendez-vous aux éleveurs du Rhône le 22 février devant l’hôtel de ville. Comme le rapporte France Bleu, une mini-ferme symbolique (une vache et deux petits chevreaux) a avait été installée avec un barbecue et un stand de dégustation de viande.

Accusé de prendre une mesure entièrement «idéologique», le maire Grégory Doucet s’est défendu sur Twitter en arguant que cette proposition de menu unique sans viande était prise pour des raisons sanitaires, notamment afin de fluidifier le service et assurer une distanciation de deux mètres entre les enfants à la cantine. L’élu a également souligné que ces menus avaient déjà été instaurés après le premier confinement par l’équipe de Gérard Collomb, tout en précisant que ces menus ne sont pas végétariens.

Tempête de réactions politiques et action judiciaire menée par des parents d'élèves

Les explications n’ont pas suffit à convaincre le ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin, qui a pris publiquement position sur le sujet. Dans un tweet publié dans la soirée du 20 février, Gérald Darmanin a dénoncé une «idéologie scandaleuse» des «Verts» et évoque une insulte faite «aux agriculteurs et aux bouchers français» avant de préciser que les enfants des classes populaires seraient les plus affectés par la mesure.

Interrogé le 23 février sur RTL, le ministre de l'Agriculture, Julien Denormandie, s'est étonné : «Qui [...] peut comprendre qu'aujourd'hui dans les cantines de la République on arrête de servir de la viande tous les jours de la semaine ? Evidemment moi je ne le comprends pas mais comme beaucoup, beaucoup de parents d'élèves». Le 21 février, il avait saisi le préfet du Rhône sur la légalité de la question des menus sans viande imposés par la mairie écologiste de Lyon dans les cantines scolaires. Une réponse qui sera donnée prochainement.

Dans un communiqué intitulé «Mairies vertes : stop au carnage !», la Confédération française de la boucherie, boucherie-charcuterie, traiteurs (CFBCT) dénonce une «décision doctrinaire de la mairie de Lyon qui supprime la viande des cantines scolaires». «On assiste à une nouvelle tartufferie d’élus "verts" au service d’une idéologie. Dans la ville de Bocuse et place forte de la charcuterie française, la mairie préfère, par clientélisme, priver les enfants de viande, et pour certains issus de milieux modestes, du seul repas équilibré de la journée».

En revanche, la mairie de Lyon a reçu le soutien explicite de l’association Greenpeace, qui, dans un communiqué, rappelle que «l’introduction de menus végétariens est non seulement une nécessité en matière de climat et de santé, mais c’est aussi une mesure gagnant-gagnant pour les producteurs et les éleveurs français». L’association soutient aussi que «le ministre de l'Agriculture et de l’Alimentation et le ministre de l’Intérieur sont campés dans une posture politicienne de défense de l'élevage industriel». 

Comme le rapporte le quotidien régional Le Progrès, des parents ont d’ores et déjà annoncé saisir la justice via un référé-suspension, qui sera déposé devant le tribunal administratif de Lyon d’ici le 26 février pour faire annuler cette décision de la mairie.

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