Le plan gouvernemental de répartition des migrants en région indigne le RN

Le plan gouvernemental de répartition des migrants en région indigne le RN© Noémie OLIVE Source: AFP
Des migrants attendent d'être évacués par la gendarmerie à Saint-Denis, en banlieue parisienne, le 17 novembre 2020 (image d'illustration)
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Le schéma du gouvernement prévoit de désengorger la région parisienne en répartissant les demandeurs d'asile en province. Les régions qui refuseront de se plier à ces nouvelles mesures seront pénalisées par l’Etat. Le RN est vent debout.

Le schéma national d’accueil des demandeurs d’asile et d’intégration des réfugiés 2021-2023 publié par le gouvernement le 18 décembre 2020 prévoit de répartir les migrants sur tout le territoire national afin d'éviter leur concentration en Ile-de-France. Une mesure vivement critiquée par des cadres du Rassemblement national.

Ce schéma de répartition des migrants est porté par la ministre déléguée à la Citoyenneté Marlène Schiappa, qu'elle justifie ainsi : «En Île-de-France se polarise environ 45% de la demande d’asile et pourtant il n’y a que 19% du parc d’hébergement qui est disponible.» «Cette concentration de la demande participe à la constitution de campements insalubres sur la voie publique, et conduit des publics relevant de l'asile vers l'hébergement d'urgence généraliste, ce qui n'est pas sa vocation» explique encore la ministre déléguée. Le ministère de l'Intérieur – dont dépend Marlène Schiappa – demande donc un «effort républicain»  aux régions, considérées comme «déficitaires» en matière d'accueil des demandeurs d'asile.

Comme le note Le Figaro, le schéma national envisage à terme de répartir jusqu’à 2 500 demandeurs d’asile par mois afin de faire descendre le taux d’hébergement de l’Île-de-France de 45% à 23%. L’Auvergne-Rhône-Alpes (la deuxième région la plus demandée) devra par exemple héberger jusqu’à 13% des demandeurs d’asile, contre 9% actuellement. La Bourgogne et la Bretagne verront quant à elles doubler leur part de demandeurs d'asile, qui atteindra 5% du total national. Les régions qui refuseront de se plier à ces nouvelles mesures seront pénalisées par l’Etat.

Quant aux demandeurs d'asile, ils risqueront de perdre toute prise en charge – y compris l’allocation d'un montant 204 à 426 euros mensuels, versée à plus de 150 000 personnes en 2019 selon Le Figaro – s'ils refusent l’hébergement proposé ou la région vers laquelle on les oriente.

«Plutôt que répartir, il faut repartir», propose un sénateur RN

Le sénateur des Bouches-du-Rhône et membre du Rassemblement national (RN), Stéphane Ravier, s'est dit favorable à la répartition des migrants dans les régions «de leurs pays d’origine», avec le slogan «plutôt que répartir, il faut repartir». «Il n’y a pas que la région parisienne qui est engorgée, c’est la France qui est engorgée», a également affirmé l'élu marseillais.

Le secrétaire national du RN aux élus, Laurent Jacobelli, a lui aussi appelé à «délocaliser les migrants illégaux» non pas en province, mais «à l'extérieur de nos frontières» afin de ne pas «disséminer la délinquance partout en France».

L'ancien avocat député européen RN, Gilbert Collard, a quant à lui ironisé sur le fait que la Corse n'apparaît pas dans le tableau de répartition des migrants. «Pourquoi cette insupportable discrimination insulaire ?» s'est-il demandé. 

Le président du groupe RN en Bourgogne-Franche-Comté, Julien Odoul, avait lui estimé sur le plateau de CNews que le plan du gouvernement allait «contribuer à faire exploser l’insécurité dans les territoires ruraux déjà confrontés à la hausse des violences et des cambriolages».

L'ancien membre de la France insoumise passé au RN, Andréa Kotarac, s'est enfin interrogé sur le fait qu'on n'ait pas demandé leur avis sur cette répartition aux habitants d'Auvergne-Rhône-Alpes, dont il fut conseiller régional. 

En 2019, 132 614 demandes d'asile ont été introduites auprès de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (Ofpra) – 7,3% de plus qu’en 2018 – mais seuls 36 512 demandeurs l'ont obtenu. L'année précédente, environ 45 000 étrangers en situation irrégulière auraient été expulsés sur les 330 000 dénombrés en France. Les premiers pays d'origine des demandeurs étaient en 2019 l’Afghanistan, la Guinée, la Géorgie, l’Albanie, et le Bangladesh.  

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