«Méthodes d'intimidation» : la maire de Rennes dénonce des policiers manifestant devant chez elle

- Avec AFP

«Méthodes d'intimidation» : la maire de Rennes dénonce des policiers manifestant devant chez elle© Regis Duvignau Source: Reuters
Des policiers sont-ils allés trop loin à Rennes ? (image d'illustration).
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La maire PS Nathalie Appéré dénonce des «méthodes d'intimidation» de policiers. Une trentaine d'entre eux ont demandé, devant son domicile, une amélioration de leurs conditions de travail «au volant de véhicules de service toutes sirènes hurlantes».

La maire socialiste (PS) de Rennes Nathalie Appéré a dénoncé le 18 décembre des «méthodes d'intimidation» après une action d'une trentaine de policiers venus demander dans la nuit, devant son domicile, une amélioration de leurs conditions de travail. Elle accuse le syndicat Alliance, lequel dit ne pas être à l'origine de l'action.

«La nuit dernière, un groupe de policiers en uniforme, se réclamant de votre organisation syndicale est venu "manifester" sous les fenêtres de mon domicile familial, au volant de véhicules de service toutes sirènes hurlantes», écrit l'édile dans une lettre au syndicat Alliance Police nationale.

«Ces méthodes d'intimidation ne sont pas admissibles dans une démocratie», souligne Nathalie Appéré, rappelant que la police nationale et ses agents sont «une force au service de l'ordre républicain».

Après cette action, le ministre de l'Intérieur, Gérald Darmanin, «a demandé un rapport au DGPN [directeur général de la police nationale] et que des sanctions soient prises», a fait savoir son entourage à l'AFP.

«Les gardiens de la paix sont d'indispensables garants de la sécurité des citoyens. Les comportements que j'ai observés [le 17 septembre au] soir n'en sont pas dignes», assène la maire bretonne, dans son courrier au secrétaire départemental d'Alliance, Frédéric Gallet.

Selon «une règle simple» pour «mener à bien une action syndicale», Nathalie Appéré rappelle que «les revendications visant à améliorer les conditions de travail [...] doivent s'exprimer en direction de l'employeur. Le vôtre est le ministère de l'Intérieur».

Selon le quotidien Ouest-France, une trentaine de fonctionnaire ont manifesté le 17 décembre vers 23 heures dans le quartier sud-gare et selon l'édile de Rennes, citant les revendications exprimées dans la presse, les policiers étaient venus réclamer des abonnements de transports gratuits pour usage personnel.

Nathalie Appéré s'est dite «très surprise» de découvrir cette revendication et a invité les fonctionnaires à «porter cette revendication à [leur] ministre de tutelle» et rappelé que l'exploitant du réseau Kéolis, Rennes, met déjà 60 cartes de transports à disposition du commissariat.

«Dans le contexte anxiogène de cette année 2020, et alors même que la relation entre la population et sa police est malmenée, votre mode d'action ne manquera pas d'interpeller», estime l'élue qui assure ne pas avoir «pour habitude de [se] laisser intimider» et souligne qu'il est «parfaitement inutile de renouveler ce genre d'opération».

Le secrétaire départemental d'Alliance, Frédéric Gallet, a déclaré le 18 décembre à l'AFP ne pas être au courant de cette action : «Alliance n'a rien à voir avec ce qu'il s'est passé. Je n'étais pas présent. Nathalie Appéré se trompe de cible».

Des élus d'autres communes se sont en tout cas offusqués de cette action envers la maire de Rennes.

Plusieurs députés de La France insoumise, comme Eric Coquerel, ont ainsi exprimé leur «totale solidarité avec Nathalie Appéré». «Le ministre de l’Intérieur doit faire cesser ce comportement illégal et de factieux», ajoute celui-ci, qui «rappelle que cette méthode d’intimidation de politiques a commencé avec la manifestation organisée par Alliance devant le siège de La France Insoumise».

La vice-présidente PS du département de Loire-Atlantique Fabienne Padovani a elle aussi témoigné de sa «totale solidarité». «Ces procédés sont inacceptables de la part de la police nationale», a-t-elle poursuivi dans un tweet.

Le sénateur PS Rémi Féraud juge que «ces dérives sont inquiétantes dans notre République».

Le porte-parole du Parti communiste, Ian Brossat, critique des «agissements», considérés comme «inacceptables» et ne pouvant «être tolérés». «Tout n'est pas permis», ajoute-t-il dans son tweet.

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