«Emmanuel Maton», «arbitraire terrible» : l'allocution de Macron fait bondir la classe politique

«Emmanuel Maton», «arbitraire terrible» : l'allocution de Macron fait bondir la classe politique© THOMAS COEX Source: AFP
Cette capture d'écran réalisée le 24 novembre 2020 montre le président français Emmanuel Macron s'exprimant lors d'un discours télévisé à la Nation sur la pandémie Covid-19 et les mesures restrictives en France (image d'illustration).

L'allocution télévisée du 24 novembre d'Emmanuel Macron a suscité de nombreuses réactions de la part de la classe politique française. A gauche comme à droite, les critiques ironiques ou acerbes ont volé, notamment sur les réseaux sociaux.

Réouverture des commerces, levée du confinement mi-décembre remplacé par un couvre-feu, vaccination début 2021... L'allocution présidentielle du 24 novembre 2020 a largement fait réagir la classe politique française, notamment du côté de l'opposition.

Sur l'antenne de Sud Radio le 25 novembre, la députée du Pas-de-Calais et présidente du Rassemblement national Marine Le Pen s'est dite «en désaccord depuis le début sur la gestion de cette crise sanitaire par Emmanuel Macron», considérant notamment que «des erreurs grossières ont été commises» et que «les décisions qui sont prises [lui] donnent un sentiment d'arbitraire terrible».

Le député des Bouches-du-Rhône et président du groupe LFI à l'Assemblée nationale Jean-Luc Mélenchon s'est de son côté étonné sur Twitter que le président «ait l'air d'être content du bilan» de la gestion gouvernementale de la crise sanitaire, déplorant «qu'il n'ait repris aucune des propositions» de son «plan d'alternative au confinement».

De son côté, le sénateur Les Républicains (LR) de Vendée Bruno Retailleau s'est fendu d'un tweet ironique ciblant une phrase tenue par le chef de l'Etat lors de son allocution télévisée : «"Durant ces neuf mois, nous avons su rendre notre Etat plus efficace." Tout le monde s'en est rendu compte.»

«Je ne conteste pas les décisions sanitaires mais je m'interroge. La France est-elle encore une république avec un gouvernement et un parlement ou le royaume d'un prince entouré de ses conseils (scientifique, de défense) comme le Roi et ses conseils de l'ancien régime ?», s'est enquis le sénateur LR des Pyrénées-Atlantiques, Max Brisson, sur le même réseau social.

«Malgré des inflexions que je demande depuis longtemps, Emmanuel Macron reste prisonnier de la stratégie confinement/déconfinement. Il ne prend pas les mesures fortes pour prévenir une 3e vague (tests aux frontières, lits de réanimation en plus, liberté des médecins)», a critiqué le député de l'Essonne et président de Debout la France, Nicolas Dupont-Aignan, toujours sur Twitter.

«L'annonce d'un calendrier ne suffit pas à une politique sanitaire efficace ! Le vrai cap du président est le soutien aux profits, l'indifférence devant la vague de pauvreté et de misère qui resteront les grands oubliés de ce gouvernement. Où est la solidarité des 1ers de cordées ?», a questionné le député du Nord et secrétaire national du parti communiste français, Fabien Roussel, toujours sur la plateforme de microblogging.

«Un an après le début de l'épidémie de Covid-19, 6 mois après d'autres pays, Macron propose enfin une stratégie pour gérer sur le moyen-terme la crise sanitaire... Que de temps perdu, mais voilà une première avancée dans la bataille contre la crise pandémique», a déclaré sur Twitter le secrétaire national du parti socialiste, Maxime des Gayets.

«C'est plus que jamais Emmanuel Maton : notre gardien de prison nous annonce un couvre-feu sans fin, "le masque à la maison", l'isolement contraignant, les restaurants encore fermés ! Délirant. Ils n'ont prévu aucun retour à la normale si nous ne nous mobilisons pas !», s'est indigné le président du parti Les Patriotes, Florian Philippot, lui aussi sur le réseau social.

Le président de la Voie du peuple (droite chrétienne) et candidat à la présidentielle de 2022 Jean-Frédéric Poisson a critiqué la décision d'Emmanuel Macron d'autoriser à nouveau les offices dans les lieux de culte à partir du 28 novembre à condition de respecter la stricte limite de trente personnes. «Macron confond France et Absurdie», a-t-il fustigé sur son compte Twitter.

Enfin, le président de l'Union populaire républicaine (UPR) François Asselineau a quant à lui estimé dans un tweet qu'Emmanuel Macron «prend visiblement un plaisir sadique à égrener, sans la moindre justification scientifique, les mesures ubuesques qu'il a décidées lui-même».

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