«Nous n’avons pas voté pour ça» : 33 personnalités interpellent Macron dans une tribune

«Nous n’avons pas voté pour ça» : 33 personnalités interpellent Macron dans une tribune© Ludovic Marin Source: Reuters
Emmanuel Macron, le 21 novembre 2020, à Paris (image d'illustration).
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De nombreuses personnalités, philosophes, avocats, médecins, écrivains, historiens etc, publient une tribune afin d'exhorter Emmanuel Macron à mettre fin à la «course à l’abîme» menée à travers des «lois liberticides».

C'est un désaveu pour Emmanuel Macron. Dans une tribune publiée sur un blog de Mediapart le 22 novembre, 33 personnalités, dont l’avocat Jean-Pierre Mignard, le député de l'Essonne Cédric Villani (anciennement LREM), ou l'ancien sportif et directeur associatif Lilian Thuram, mais aussi des philosophes, médecins, écrivains, ou historiens, interpellent le Président de la République quant à la politique menée par celui-ci : «Le gouvernement et la majorité qui agissent en votre nom sont en train de restreindre nos libertés fondamentales.»

La correspondance s'ouvre dans un message de déception à l'égard du chef de l'Etat. «En 2017, nous avons voté pour vous. C’est au nom de ces votes que nous vous interpellons», déclarent les 33 personnalités. Toutes ont souhaité exprimer leur inquiétude face aux atteintes à portées à «la libre expression des critiques, protestations et oppositions».

En cause, la proposition du projet de loi Sécurité globale et «séparatisme» devenu «Loi confortant les principes républicains»» qui, selon les signataires, font «reculer  les libertés d’information, d’opinion, de croyance, d’éducation, d’association, de manifestation et de contestation». Les auteurs ajoutent que ceux qui défendent ces droits, «de la Commission consultative des droits de l’homme à la Défenseur des droits, sans oublier les organisations internationales», s’alarment des décisions du gouvernement.

Emmanuel Macron est montré du doigt pour «installer ce dont l’extrême-droite néo-fasciste rêve : un Etat autoritaire où l’Etat de droit devient un Etat de police», où «les mobilisations de la société et certaines revendications populaires» sont criminalisées. Ces mots sonnent comme un avertissement : «Si vous n’empêchez pas cette perdition, vous porterez la terrible responsabilité historique d’avoir fait la courte échelle aux idéologies mortifères contre lesquelles vous avez été élu.».

La tribune est un moyen pour ceux qui l'incarnent de demander la fin d’une «course à l’abîme» menée à travers des «lois liberticides» qui «abîment la République».

Un vote solennel doit avoir lieu le 24 novembre à l'Assemblée nationale concernant la loi Sécurité globale.

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