Djihad: contre l'embrigadement des jeunes, des proches témoignent dans des spots télé déchirants

Baptiste, le père de Léa© Capture d'écran réalisée sur DailyMotion
Baptiste, le père de Léa

Le gouvernement lance mercredi une campagne télévisée visant à sensibiliser les jeunes tentés par le djihad. Quatre spots vont donc être diffusés, quatre parents qui disent leur douleur d'avoir vu, un beau jour, leur enfant partir faire la guerre.

Il y a Baptiste, Véronique, Saliha et Jonathan. Trois parents et un frère. Face caméra, ils racontent chacun avec leurs mots leurs histoires et leur douleur. Celle de ne n'avoir rien vu venir, de n'avoir rien compris.

Ces petits spots d'une minute et 30 secondes seront diffusés dès mercredi à la télévision et sur les plateformes de vidéos à l'initiative du gouvernement. Il s'agit de sensibiliser l'opinion française sur les départs de jeunes en Syrie et en Irak pour rejoindre les rangs des djihadistes de Daesh et d'Al-Qaïda.

«Le départ de Léa [17 ans] s'est passé une belle journée. Elle a pris un sac à dos, une écharpe, et elle a disparu. On n'a rien compris, on n'a rien vu» témoigne ainsi ce père, Baptiste, avant de reprendre la voix brisée: «on nous a volé notre enfant...La Léa qui est partie, cette personne joviale, joyeuse...pour nous est morte».

Il y a ensuite Véronique, qui parle de son grand garçon de 23 ans, qui «a grandi dans un milieu plutôt favorisé, il aimait le sport, la musique, il faisait des sketchs». Cette maman raconte le dernier dimanche en famille, «on a fait des crêpes, il y a avait son frère, on a ri...et le lendemain, il est parti en Allemagne, il n'est jamais revenu...on sait juste qu'il est en Syrie» détaille-t-elle.

Avec cette campagne télévisée, le gouvernement entend «produire un contre-discours». «Nous sommes engagés dans un combat extrêmement difficile contre le terrorisme. Il charrie beaucoup de souffrances, de ruptures, de tragédies (...) pour des familles dont l'un des leurs à basculé» a expliqué Bernard Cazeneuve lors de la présentation de ces spots télévisés, qui renvoient tous à la fin au numéro vert de signalement des candidats au djihad créé par le ministère de l'Intérieur.

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Depuis sa création au mois d'avril de cette année, la plateforme a enregistré plus de 3000 signalements. 23% concernaient des mineurs dont une majorité de jeunes filles.

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