Air France : les politiques évoquent des «comportements de voyous», «honteux et inadmissibles»

Suite à l'évacuation compliquée d'un dirigeant d'Air France et des violences, une enquête a été ouverte. Les politiques, eux, dénoncent ces violences dans leur grande majorité. Source: Reuters
Suite à l'évacuation compliquée d'un dirigeant d'Air France et des violences, une enquête a été ouverte. Les politiques, eux, dénoncent ces violences dans leur grande majorité.

A gauche comme à droite, les politiques dénoncent des comportements de «voyous» après les violences qui ont émaillé le CCE d'Air France, hier. La gauche de la gauche se distingue et soutient les salariés. La justice a, elle, ouverte une enquête.

L’affaire Air France n’en finit plus. Suite aux violences commises hier, lors d’un Comité central d’entreprise (CCE) qui a validé le départ de 2 900 salariés de la compagnie aérienne, Manuel Valls a dénoncé, ce matin, des agissements qui seraient «l’œuvre de voyous».

C’est lors d’un déplacement au siège d’Air France que le Premier ministre a dénoncé les violences subies par le directeur des ressources humaines (DRH) de la compagnie, obligé de fuir, sa chemise arrachée, devant des salariés en colère. «Je suis venu ici à Air France parce que Air France est sous le choc et quand Air France est sous le choc, c'est toute la France qui est sous le choc», a affirmé Manuel Valls.

Le locataire de Matignon a aussi tenté de plaider pour une reprise des discussions entre le syndicat des pilotes et la direction : «L'Etat assume et assumera ses responsabilités. Mais la solution pour Air France vient d'abord de l'entreprise elle-même», a déclaré le Premier ministre qui «en appelle aussi à la responsabilité des pilotes et du SNPL. Chacun doit prendre ses responsabilités, doit être lucide sur la situation d'Air France. C'est l'avenir de la compagnie qui est en jeu».

Ce matin, sur Twitter, le président de la République avait, lui, appelé à un dialogue social apaisé au sein de la compagnie aérienne. «Il faut un dialogue social apaisé. S'il est interrompu par des violences inacceptables, cela a des conséquences sur l'attractivité du pays», avait twitté François Hollande.

Les réactions des principaux politiques ont été vives. Plusieurs responsables, comme Jean-Pierre Raffarin ou Nicolas Dupont-Aignan ont appelé à la reprise du dialogue et dénoncé les violences. «Rien ne justifie, dans une négociation d'entreprise, les violences faites aux personnes !», a affirmé Alain Juppé sur Twitter. « Quoi qu'il arrive, Air France doit vivre et demeurer une grande compagnie française», a expliqué Florian Philippot, numéro 2 du FN, sur le même réseau social. Quant à François Fillon, il a évoqué un comportement «honteux et inadmissible». «C'est la chienlit», a affirmé pour sa part Nicolas Sarkozy, en référence au général de Gaulle.

A la gauche de la gauche, Olivier Besancenot s'est, à l’inverse, dit «agacé par les réactions politiques». «AirFrance 2 900 suppressions d'emplois. Sans-culottes 1/ Sans-chemises 0», a-t-il twitté hier. Ian Brossat, du parti communiste français (PCF), a trouvé «hallucinant ces gens qui ont plus de compassion pour une chemise que pour 2 900 salariés qui vont se retrouver sur le carreau...»

Par ailleurs, suite à ces violences et une plainte déposée par la compagnie pour «dégradations» et «entrave au déroulement du CCE», une enquête de flagrance a été ouverte par le parquet de Bobigny. Les violences de lundi auraient en effet fait sept blessés, dont un grave, un vigile de la compagnie. En grande difficulté économique, Air France prévoit la suppression de 2 900 postes de travail.

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