Plan B d'Air France : 2900 emplois seraient menacés

Restructuration chez Air France© Eric Gaillard Source: Reuters
Restructuration chez Air France

Quelques jours après l’échec des négociations entre Air France et ses pilotes, la compagnie a présenté aujourd’hui son «plan B» : de nombreux emplois sont menacés.

Il y a deux jours, Air France annonçait l’échec des négociations entre la direction et les pilotes autour de «Perform 2020», un plan de restructuration qui visait à faire voler davantage d’heures aux pilotes «à rémunération constante», c’est-à-dire sans hausse de salaire. L’objectif affiché était une hausse de la productivité et une diminution des coûts pour l’entreprise.

C’est donc un «plan B» que le groupe a présenté aujourd’hui en conseil d’administration, plan qui propose le retrait de 5 lignes et de 14 avions sur le réseau de voyage long courrier. Les syndicats ont ainsi estimé à «300 pilotes, 700 PNC (hôtesses et stewards) et 1900 au sol» les emplois menacés, soit 2900 au total.

Si le PDG d’Air France-KLM, Alexandre de Juniac, a déclaré que l’entreprise allait «privilégier les départs volontaires» aux licenciements, le moins que l’on puisse dire, c’est que le plan n’a pas convaincu les principaux syndicats.

Le syndicat de pilotes SNPL a ainsi évoqué, via son président, une «parodie de négociation» visant à mettre en place un «scénario parfaitement huilé, façon thriller» dont les salariés étaient «la victime expiatoire». Evoquant la réduction de l’offre long courrier, il a parlé de «faute managériale», jugeant qu’elle «coûterait beaucoup plus que ce qu'elle rapporterait».

De son côté, l’Etat français, qui est actionnaire de l’entreprise à 17.6% a, selon l’AFP, «appelé à la reprise des négociations entre syndicats et direction, pointant du doigt la responsabilité des pilotes». Le Premier Ministre, Manuel Valls, a estimé que «chacun doit participer à l'effort, notamment les pilotes». Quant à son Ministre de l’Economie, Emmanuel Macron, il demande aux syndicats de «prendre leurs responsabilités» et appelle à «regarder les chiffres en face». Il assure en outre que «le gouvernement appuie l'entreprise dans la voie des réformes qui sont conduites».

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