Qui va présider le groupe LREM en crise, Christophe Castaner ou Aurore Bergé ?

Qui va présider le groupe LREM en crise, Christophe Castaner ou Aurore Bergé ?© Ludovic Marin Source: AFP
Christophe Castaner et Aurore Bergé (images d'illustration).

L'ancien ministre de l'Intérieur Christophe Castaner, arrivé le 9 septembre en tête au premier tour, affrontera Aurore Bergé pour la présidence des députés LREM, selon les résultats communiqués par le groupe majoritaire.

La rentrée est manifestement difficile pour tout le monde. Le groupe parlementaire d'En marche doit se trouver un nouveau président de groupe le 10 septembre avant l'ouverture des journées parlementaires du parti présidentiel à Amiens. Un groupe affaibli par les récentes défections qui lui ont fait perdre la majorité absolue à l'Assemblée nationale mais aussi par la démission du président de groupe sortant, Gilles Legendre, fragilisé après la fuite dans la presse d'une note où le président du groupe plaidait pour un remaniement ministériel.

Cinq députés se sont portés candidats à sa succession, dont l'ancien ministre de l'Intérieur Christophe Castaner et Aurore Bergé, porte-parole de la République en marche, ainsi que François de Rugy, ancien ministre de l'Ecologie. A l'issue du premier tour qui s'est déroulé le 9 septembre, Christophe Castaner est arrivé en tête des scrutins avec 97 voix (36,06%) suivi d'Aurore Bergé, 87 voix, faisant figure d'outsider. François de Rugy a pris la troisième place, celle du faiseur de roi, avec 59 voix (21,93%). Suivent ensuite la députée de l'Hérault Coralie Dubost, 26 voix (9,67 %) et le député de la Seine-Saint-Denis Patrice Anato, 6 voix (2,23 %).

Coralie Dubost, réputée proche de Christophe Castaner, aurait candidaté pour saboter la candidature d'Aurore Bergé, comme le pensent certains en interne. La quatrième du scrutin devrait appeler à voter pour l'ancien ministre de l'Intérieur. Tous les regards se fixent désormais sur le choix de François de Rugy dont le score lui confère une position décisive pour départager les deux finalistes.

Ménager la chèvre et le chou

Favori du scrutin, l'ancien socialiste Christophe Castaner devrait bénéficier des voix de l'aile gauche du groupe. En outre, l'ancien ministre de l'Intérieur semble avoir les faveurs du président de la République dont il est resté proche, comme le rapporteLe Point. Il a pourtant été le grand perdant du dernier remaniement après une gestion du ministère de l'Intérieur très critiquée, notamment par les forces de l'ordre. Fortement vilipendé à la base mais aussi par les syndicats de police, Christophe Castaner a vécu une fin de mandat compliquée. Le locataire de la place Beauvau était en première ligne pour porter le choix controversé du gouvernement de maintenir le premier tour des élections municipales dans le contexte épidémique du Covid-19.

Sérieuse outsider, Aurore Bergé peut parfois irriter le gouvernement et s'attire les faveurs des députés réclamant plus d'indépendance vis-à-vis de l'exécutif. La grande oubliée du dernier remaniement a changé son fusil d'épaule en candidatant à la présidence du groupe. Représentante l'aile droite du groupe lors de ce scrutin, elle s'est distinguée ces dernières années par plusieurs couacs et polémiques. Le 30 janvier 2020, la député En marche faisait partie des députés ayant voté contre le congé de deuil de 12 jours consécutifs pour le décès d'un enfant mineur, provoquant de fortes critiques à son encontre au sein de l'opposition mais aussi dans son propre camp. La porte-parole d'En marche avait alors déclaré à Libération qu'ayant donné délégation, elle n'était pas «au courant du vote de cette mesure». Le 26 janvier 2020, la député avait quitté l'hémicycle, vexée, après que le député Les Républicains, Pierre-Henri Dumont lui avait signifié que la fiche qu'elle venait de lire pendant son allocution avait déjà été lue par une autre députée En marche quelques minutes avant.  

Le futur président du groupe sera le troisième depuis le début de la mandature en 2017, après Richard Ferrand et Gilles Le Gendre. Les batailles internes plongeront-elles le groupe LREM encore un peu plus dans la crise ?

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