Comme le PS, des «déçus» de Hollande organisent un référendum pour «une politique de gauche»

Le référendum de Jean-Christophe Cambadélis, les déçus de la politique de Manuel Valls n'en veulent pas. Ils lancent, en même temps que le PS, un référendum pour «une politique de gauche». Source: Reuters
Le référendum de Jean-Christophe Cambadélis, les déçus de la politique de Manuel Valls n'en veulent pas. Ils lancent, en même temps que le PS, un référendum pour «une politique de gauche».

Pour contrer le référendum d'unité organisé par le Parti socialiste (PS), des membres d'Europe Ecologie Les Verts (EELV) lancent une autre consultation afin de demander au gouvernement de mettre la barre à gauche.

Jean-Christophe Cambadélis fait des émules. En organisant un référendum sur l’union de la gauche pour les élections régionales, le Premier secrétaire du PS s’est déjà attiré les foudres du Front de gauche. Il va désormais se retrouver face à un autre référendum, organisé par des déçus de la politique de François Hollande. Le logo est pratiquement le même, mais le slogan appelle simplement à «une vraie politique de gauche». Une manière de moquer l’initiative du PS.

Julien Bayou, élu EELV, Elliot Lepers, membre de l’équipe de campagne d’Eva Joly et Caroline De Haas, démissionnaire du PS, sont derrière cette initiative et entendent demander à tous ceux qui voudront voter sur le site referendum-gauche.com : «Est-ce que vous dites oui à une politique de gauche ?».

Pour Julien Bayou, contacté par RT France, ce référendum, qui se tiendra aux mêmes dates que celui du PS, est une réponse à celui de Jean-Christophe Cambadélis qui «s’apparente à un chantage au FN. Nous sommes nombreux à avoir été choqués par cette initiative et la volonté du PS de culpabiliser les électeurs.»

Pour les trois organisateurs, cette volonté du PS de parler directement aux électeurs et de les contraindre à l'union ne convient pas. «Le PS fragilise ses partenaires par ce référendum», remarque Julien Bayou qui plaide pour des listes écologistes partout où cela est possible. «Le PS ne peut pas demander aux électeurs déçus de revenir vers lui après avoir pris le large de ses engagements. C’est aussi pour cela qu’il y a un premier tour dans une élection : nous devons tous nous en remettre au jugement des citoyens».

Derrière ce référendum, il y a aussi un symbole. Celui de ce PS qui peine à rassembler ses alliés, mais surtout celui des déçus de François Hollande. «On a voté Hollande, mais on constate que la politique menée ne fait pas avancer l’écologie», déplore le porte-parole des Verts.

Et l’argument d’une possible victoire du FN lors des régionales ne doit, selon les organisateurs, pas fournir de blanc-seing au PS. «Le FN se combat dans l’attitude au pouvoir, et des élus qui font le contraire de ce qu’ils ont promis nourrissent l’abstention, et donc cela fait monter le FN. Les électeurs ne sont pas responsables de ce que fait le PS au pouvoir.»

Pour Julien Bayou, l’initiative de Jean-Christophe Cambadélis est même une simple «manœuvre politique. Si le PS souhaitait une vraie convergence, ils en auraient parlé avant. C’est un simple affichage, et pas la meilleure manière de tisser la confiance.» Sur Twitter, le premier secrétaire du PS a dénoncé une parodie, affirmant que ce référendum organisé «par les Verts démontre qu’ils commencent à s’inquiéter». Pas forcément le meilleur moyen de discuter avec un allié.

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