Incendie de la cathédrale de Nantes : le bénévole avoue et part en détention provisoire

- Avec AFP

Incendie de la cathédrale de Nantes : le bénévole avoue et part en détention provisoire© Stephane Mahe Source: Reuters
La cathédrale de Nantes en flammes, le 18 juillet 2020 (image d'illustration).

L'homme suspecté d'avoir mis le feu à la cathédrale Saint-Pierre et Saint-Paul de Nantes est passé aux aveux et a été écroué. Il est mis en examen «des chefs de destructions et dégradations par incendie» et risque jusqu’à 10 ans de prison.

Une semaine après l'incendie dans la cathédrale de Nantes, un bénévole du diocèse est passé aux aveux et a été placé en détention provisoire dans la nuit du 25 au 26 juillet pour «destructions et dégradations par incendie». «Mon client a coopéré», a affirmé au quotidien Presse-Océan l'avocat du mis en examen, Me Quentin Chabert. «Il regrette amèrement les faits et évoquer cela a été pour lui une libération. Mon client est aujourd’hui rongé par le remords et dépassé par l’ampleur qu'ont pris les événements», assure-t-il.

L’homme «a reconnu, lors de l'interrogatoire de première comparution devant le juge d'instruction, avoir allumé les trois feux dans la cathédrale : sur le grand orgue, le petit orgue et dans un panneau électrique», a précisé le procureur de la République de Nantes Pierre Sennès au quotidien. Cet homme de 39 ans, qui était chargé de fermer la cathédrale la veille de l'incendie, a été mis en examen «des chefs de destructions et dégradations par incendie et placé en détention provisoire par le juge des libertés et de la détention», a indiqué le procureur dans un communiqué.

Le suspect est un réfugié rwandais, d'après le recteur de la cathédrale

Le recteur de la cathédrale de Nantes, le père Hubert Champenois, avait expliqué la semaine dernière que le bénévole était un «Rwandais venu se réfugier en France il y a quelques années». Selon le recteur, le bénévole est «servant d'autel» et il le connaissait «depuis quatre ou cinq ans». «J'ai confiance en lui comme en tous les collaborateurs», avait-il expliqué à l'AFP.

Le bénévole avait été placé en garde à vue le 18 juillet, quelques heures après l'incendie et l'ouverture de l'enquête, puis remis en liberté le lendemain soir. Les enquêteurs souhaitaient l'interroger, car après l'incendie aucune trace d'effraction n'avait été constatée sur les accès à l'édifice, dans lequel trois points de départ de feu avaient été identifiés.

Dans le cadre de cette enquête, «plus de 30 personnes» ont été entendues et une vingtaine d'enquêteurs de la police judiciaire ont été mobilisés, avec notamment le renfort du laboratoire central de la préfecture de police de Paris afin de déterminer la cause de l'incendie, selon le procureur. 

Le bénévole a été de nouveau interpellé et placé en garde à vue samedi matin, puis présenté dans la soirée au parquet de Nantes qui a ouvert une information judiciaire, avant d'être mis en examen et placé en détention provisoire. Il encourt pour cette infraction «une peine de 10 ans d'emprisonnement et 150 000 euros d'amende», a précisé Pierre Sennés dans un courriel envoyé dans la nuit. 

«Très peu […] d'éléments sauvables», selon Philippe Charron

L'enquête avait révélé l'existence de trois points de feu distincts dans la cathédrale Saint-Pierre et Saint-Paul. «Entre le grand orgue, qui est sur la façade au premier étage, et les autres feux, vous avez quasiment toute la distance de la cathédrale. Ils sont quand même à une distance conséquente les uns des autres», avait relevé le procureur le jour de l'incendie.

L'alerte avait été donnée le 18 juillet vers 7h45 par des passants qui avaient vu des flammes sortant de la cathédrale. Il avait fallu environ deux heures aux sapeurs-pompiers pour circonscrire le feu, qui a notamment détruit un tableau d'Hippolyte Flandrin du XIXe siècle et le grand orgue.

A l'exception du grand orgue, dont «très peu, voire pas du tout d'éléments seront sauvables», selon Philippe Charron, responsable du pôle patrimoine à la DRAC (Direction régionale des affaires culturelles), «la plupart des œuvres ont été sauvées» et sont remisées «notamment dans le château de Nantes». «On va compter en semaines la mise en sécurité du site [et] en mois l'investigation qui va se faire pierre par pierre». Concernant la durée du chantier de reconstruction, précédée d'une phase d'études, «l'unité sera plutôt l'année», a estimé Philippe Charron. 

L’Etat «prendra toute sa part» dans la reconstruction, a promis le Premier ministre Jean Castex, venu à Nantes féliciter les sapeurs-pompiers le jour de l'incident.

L'incendie de la cathédrale de Nantes, survenu 15 mois après celui de Notre-Dame de Paris, a suscité une vive émotion chez les Nantais, dont certains ont conservé le souvenir d'un précédent incendie de l'édifice, le 28 janvier 1972. L'édification de cette cathédrale de style gothique flamboyant a duré plusieurs siècles (1434 à 1891).

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