95,7% : le taux de réussite du Bac après la première session de rattrapage soulève des inquiétudes

95,7% : le taux de réussite du Bac après la première session de rattrapage soulève des inquiétudes© CHARLY TRIBALLEAU Source: AFP
(Image d'illustration)

95,7% des candidats au baccalauréat 2020 ont décroché le sésame au terme de la première session de rattrapage. Un taux de réussite impressionnant, qui soulève des inquiétudes quant à l'afflux de bacheliers à l'université... et à la valeur du diplôme.

Le 11 juillet, le ministère de l'Education nationale a fait savoir que près de 96% (95,7%) des 745 900 candidats au baccalauréat 2020 avaient été reçus au terme de la première session de rattrapage, soit 7,6 points de plus qu'en 2019. 

Dans le détail, les lycéens en filière générale sont 98,4% à avoir obtenu leur bac (contre 91,2 en 2019), ceux en filières technologiques 95,7% (contre 88,1%) et les candidats aux baccalauréats professionnels 90,7% (contre 82,3%). 

L'AFP rappelle qu'il n'y a jamais eu autant de candidats à décrocher le baccalauréat à l'issue des épreuves de rattrapage «depuis 1995 au moins». Les résultats définitifs pour le millésime 2020 seront néanmoins connus en septembre.

Cette année était également marquée par une proportion record d'élèves ayant obtenu leur bac du premier coup : 91,5%.

L'organisation du bac était, elle-même, exceptionnelle en raison de la pandémie de Covid-19 : les épreuves finales ont été supprimées et seules ont compté les notes des premier et deuxième trimestres pour l'obtention de l'examen ; les élèves dont la note finale était comprise entre 8 et 10/20 (quelque 40 000 personnes) ont dû passer un rattrapage.

Un risque de saturation des universités ? 

Cette impressionnante proportion de bacheliers n'est pas sans soulever des inquiétudes, notamment en ce qui concerne les inscriptions dans les filières du supérieur : y aura-t-il de la place pour tout le monde sur les bancs de la fac ? Auprès du média France Info, le président de la Conférence des présidents d'université, Gilles Roussel, confiait le 11 juillet : «Il va être difficile de pousser les murs et d'engager de nouveaux enseignants. Il faut vraiment espérer que les étudiants de première année vont laisser leurs places pour ces nouveaux bacheliers». Mais d'ajouter : «Heureusement, tous ne vont pas aller à l'université. Pour l'instant, on attend de savoir si on sera en mesure de les accueillir tous. Cela pourrait devenir très complexe à la rentrée si nous avons des contraintes sanitaires fortes et un nombre beaucoup plus élevé d'étudiants que celui que nous attendions.»

Les directions des universités semblent toutefois avoir anticipé ces difficultés : des responsables d’établissement de la région toulousaine confient ainsi au quotidien régional La Dépêche avoir demandé d'augmenter, dans la mesure du possible, le nombre de places en première année dans certaines filières en tension.

Face aux inquiétudes concernant l'inscription des très nombreux bacheliers dans les filières du supérieur, le ministre de l'Education nationale Jean-Michel Blanquer avait indiqué le vendredi 10 juillet, cité par l'AFP : «Il y a un travail personnalisé avec chaque élève, ce qu'on appelle les commissions rectorales». «Nous gardons avec [la ministre de l'Enseignement supérieur] Frédérique Vidal l'objectif que chacun trouve une solution», avait-il souligné.

Un bac dévalorisé par son trop grand taux de réussite ?

Autre inquiétude soulevée par cet impressionnant taux de réussite au baccalauréat : l'impact de ce dernier sur la valeur, le sens et le prestige du diplôme. Des personnalités publiques – marquées à droite essentiellement – ont ainsi exprimé leur consternation face aux chiffres de bacheliers de cette année.

Dès l'annonce du taux d'admis à l'issue du premier groupe le 7 juillet, l'urologue et homme d'affaires Laurent Alexandre s'était indigné que le Bac soit désormais «distribué à tout le monde», prédisant que «la prime aux grandes écoles [allait] encore augmenter» face à des universités devenant des «facs poubelle».

De même, l'eurodéputé élu sur la liste du Rassemblement national Thierry Mariani s'interroge : «Quelle valeur accorder à un "diplôme" avec un tel taux de réussite ??»

«Finalement le taux de réussite au bac sera de 104%..... De toute façon les maths c'est pas important...», a entre autres exemples encore ironisé le député de l'UDI Michel Zumkeller.

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