Mort du chauffeur de bus Philippe Monguillot : la classe politique entre consternation et colère

Mort du chauffeur de bus Philippe Monguillot : la classe politique entre consternation et colère© Gaizka Iroz Source: AFP
Une photo de Véronique et Philippe Monguillot, un chauffeur de bus décédé après avoir été agressé pour avoir refusé de laisser monter à bord des personnes qui ne portaient pas de masques, à Bayonne, dans le sud-ouest de la France, le 8 juillet. 2020.

Des personnalités politiques françaises ont exprimé leur colère après l'annonce de la mort du conducteur de bus de Bayonne violemment agressé dans l'exercice de ses fonctions. A droite, ils étaient toutefois plus nombreux à réagir qu'à gauche.

La mort de Philippe Monguillot, chauffeur de bus violemment agressé à Bayonne le 5 juillet, a suscité une très vive émotion en France et de nombreuses réactions politiques, notamment dans les rangs de la droite, qui a appelé aux «sanctions les plus sévères».

Selon le parquet de Bayonne, le conducteur de 59 ans, époux et père de famille, a été victime d'une agression «d'une extrême violence», roué de coups et grièvement blessé à la tête alors qu'il voulait contrôler le ticket d'une personne et exigeait le port du masque pour trois autres passagers. L'agression, puis l'annonce du décès, ont suscité l'indignation de ses collègues, qui ont exercé à compter du 5 juillet leur droit de retrait, et fait réagir la classe politique. Le Premier ministre Jean Castex a salué dans la soirée du 10 juillet la mémoire du chauffeur de bus «lâchement agressé», en assurant sur Twitter que «la justice [punirait] les auteurs de ce crime abject».

«Cet acte odieux et lâche ne doit pas rester impuni», a de son côté twitté le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin, attendu ce 11 juillet à Bayonne pour faire le point sur la sécurité dans la ville avec les élus et services de l'Etat, puis rencontrer les conducteurs. Avant lui, le ministre délégué aux Transports Jean-Baptiste Djebbari avait fait le voyage le 7 juillet soir, et s'était entretenu avec des chauffeurs du réseau de transports de l'agglomération bayonnaise appelé Chronoplus.

Dans les rangs de la droite, l'affaire a relancé les appels à un renforcement de l'autorité et à des peines plus sévères. Le député LR Eric Ciotti a réclamé «de lourdes sanctions envers (les) meurtriers», tout comme son rival local, le maire LR de Nice Christian Estrosi, pour qui «cet acte barbare appelle les sanctions les plus sévères».

Pour le sénateur Bruno Retailleau (LR), «il n’y aura pas de lutte efficace contre cette sauvagerie sans un retour de l’autorité et la fin du laxisme systémique», a-t-il estimé sur Twitter. «Tuer pour avoir simplement voulu faire respecter les règles. Ce meurtre ne doit pas rester impuni. Les condamnations doivent être exemplaires et les peines vraiment exécutées», a réagi sur Twitter le président du Conseil régional des Hauts-de-France Xavier Bertrand (ex-LR).

La députée LR des Bouches-du-Rhône Valérie Boyer avait qualifié dès le 6 juillet ces actes de «barbarie» et s'est dite «scandalisée par ces lâchetés, ces sauvageries qui sont devenues des violences quotidiennes avec des indignations sélectives». Après l'annonce de la mort du conducteur, elle a renchéri : «Aux immenses colère et tristesse provoquées par le meurtre barbare de Philippe Monguillot s’ajoutent la stupeur face à l’indifférence du showbiz si prompt à compatir, s’indigner. Leur indignation est sélective, c’est leur liberté, leur choix mais où sont l’égalité et la fraternité ?»

Qualifiant les agresseurs présumés du chauffeur de «racailles», la présidente du rassemblement national Marine Le Pen a elle appelé «au sursaut et à la révolte face à cette sauvagerie» sur le réseau social.

De l'autre côté de l'échiquier politique, ils étaient moins nombreux à donner de la voix sur cette affaire à l'annonce du décès. Jean-Luc Mélenchon a exprimé son affliction face à la mort de Philippe Monguillot. «Ses assassins nous révulsent», a écrit le chef de file de la France insoumise.

«Emotion et colère» du côté d'Olivier Faure également. Le premier secrétaire du parti socialiste a exprimé sa «condamnation totale des agresseurs de cet agent, qui faisait simplement son boulot et assurait un service public». «La lâcheté en bande et la bêtise ne sont pas des circonstances atténuantes», a-t-il ajouté.

«Agression barbare»

Agés de 22 et 23 ans et connus des services de police, deux hommes soupçonnés d'avoir porté les coups ont été mis en examen pour «tentative d'homicide volontaire» et écroués, une qualification juridique appelée à évoluer en raison du décès de la victime. 

Le procureur de la République de Bayonne a ainsi informé l'AFP qu'il allait demander au juge d'instruction de requalifier ces mises en examen en «homicide volontaire sur un agent de réseau de transports publics». Deux complices présumés, des trentenaires, ont également été écroués cette semaine, notamment pour «non-assistance à personne en danger».

Les chauffeurs de bus du réseau de l'agglomération de Bayonne reprendront le travail le 13 juillet «dans des conditions de sécurité renforcées», selon l'opérateur de transports Keolis. «Les équipes de Keolis restent mobilisés dans l’ensemble de nos réseaux, en France et dans le monde, pour qu’une telle agression ne se reproduise pas, et que nos transports en commun restent des espaces de vie où le respect des personnes et des biens redevienne la responsabilité de tous», a assuré Keolis dans un communiqué.

Philippe Monguillot «succombe à une agression barbare dans l’exercice de son métier. Serviteur fidèle du service public, il laisse l’image d’un homme généreux», a réagi le maire de Bayonne Jean-René Etchegaray sur Twitter.

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