Affaire Alexis Kohler : des juges d'instruction reprennent les investigations

Affaire Alexis Kohler : des juges d'instruction reprennent les investigations© Charles Platiau Source: Reuters
Le président français Emmanuel Macron suivi du secrétaire général de l'Elysée Alexis Kohler à Paris, le 19 décembre 2019. (Image d'illustration)

Des juges d'instruction vont reprendre les investigations visant le secrétaire général de l’Elysée, Alexis Kohler, soupçonné de conflits d'intérêts en raison de ses liens avec l'armateur italo-suisse MSC.

Les investigations visant le secrétaire général de l'Elysée, Alexis Kohler, soupçonné de conflits d'intérêts en raison de ses liens avec l'armateur italo-suisse MSC, vont être reprises par des juges d'instruction, à la demande de l'association anti-corruption Anticor, d'après des sources concordantes citées par l'AFP ce 24 juin.

Cette information judiciaire a été ouverte le 22 juin, confirmant une information de Mediapart.

Visé en juin 2019 par une enquête du parquet national financier pour prise illégale d'intérêts au moment où il était directeur de cabinet d'Emmanuel Macron, alors ministre des Finances, Alexis Kohler a bénéficié en août 2019 d'un classement sans suite de l'enquête le visant. Pour relancer les investigations, Anticor avait ensuite déposé une plainte avec constitution de partie civile le 4 décembre.

Un mois avant ce classement sans suite, en juillet 2019, le président de la République en personne avait rédigé et signé de sa main une attestation dédouanant son bras droit, document utilisé par le principal mis en cause lors de son audition devant la Brigade de répression de la délinquance économique. Les proches du chef de l'Etat ont fermement contesté «toute intervention dans le cours d'une procédure», ce 24 juin, au lendemain de la publication par Mediapart de la note contestée. «En aucun cas le président de la République, qui est le garant de l'indépendance de la justice, n'intervient dans le cours d'une procédure judiciaire engagée», a martelé la porte-parole du gouvernement, Sibeth Ndiaye.

Note de l'ancien ministre ou ingérence du président ?

Alexis Kohler, ancien directeur de cabinet du ministre de l'Economie Emmanuel Macron et aujourd'hui secrétaire général de l'Elysée, avait été soupçonné d'avoir dissimulé, lorsqu'il était à Bercy, les liens professionnels et familiaux qui le liaient avec l'armateur italo-suisse MSC. Le parquet national financier (PNF) avait alors ouvert une enquête en juin 2018 pour prise illégale d'intérêts, classée sans suite en août 2019. 

Un nouveau monde [qui] ressemble étrangement à l'ancien

Or, Mediapart a révélé le 23 juin qu'Emmanuel Macron avait à l'époque adressé aux enquêteurs une note dans laquelle il assurait que son collaborateur n'était jamais intervenu dans des dossiers liés à MSC du temps de leur passage au ministère de l'Economie. Emmanuel Macron «considère que ne pas verser ce document aurait été priver [Alexis Kohler] d'un exercice normal et légitime de ses droits de la défense», a expliqué la porte-parole du gouvernement. «C'est dans ce cadre [...] qu'Emmanuel Macron a effectué une note factuelle portant sur l'exercice par Alexis Kohler de ses fonctions au sein du ministère de l'Economie», a ajouté la porte-parole en soulignant qu'il l'a fait «ès qualités d'ancien ministre de l'Economie et donc supérieur hiérarchique d'Alexis Kohler», a-t-elle encore fait valoir, en précisant que le courrier avait été rédigé sur un document libre, «sans en-tête de la présidence de la République».

Le président de l'Assemblée nationale, Richard Ferrand, proche du chef de l'Etat, a pour sa part appelé à «ne pas confondre la séparation des pouvoirs, qui est une règle absolue qui fait que le législatif, l'exécutif et l'autorité judiciaire doivent avoir des vies distinctes, ne pas peser les uns sur les autres, et une sorte d'attestation d'employeur».

Les oppositions ont en revanche dénoncé le procédé : «On se pose des questions sur la relation entre justice et politique», s'est ému le député France insoumise (LFI) Bastien Lachaud, alors que le responsable du Rassemblement national (RN) David Rachline a raillé «un nouveau monde [qui] ressemble étrangement à l'ancien».

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