Une fresque Traoré/Floyd inaugurée à Stains suscite la colère du syndicat policier Alliance

Une fresque Traoré/Floyd inaugurée à Stains suscite la colère du syndicat policier Alliance© Alain JOCARD Source: AFP
Assa Traoré (sœur d'Adama) salue le père de Lamine Dieng décédé en 2007, Paris, 20 juin (image d'illustration).

L'équipe 93 du syndicat de police Alliance avait appelé à un rassemblement pour contester la mention «contre le racisme et les violences policières» sur une fresque rendant hommage à Traoré et Floyd à Stains. Le syndicat ira finalement à Bobigny.

Une fresque inaugurée récemment à Stains en présence du maire surtitrée en toutes lettres «contre le racisme et les violences policières» et représentant les visages d'Adama Traoré et de George Floyd, a suscité l'indignation d'un syndicat de police. Mais après avoir appelé à manifester devant la fresque en question ce 22 juin à 16h, le syndicat policier Alliance joint par RT France a finalement annoncé avoir choisi la préfecture de Seine-Saint-Denis à Bobigny comme lieu de rassemblement. L'heure est en revanche restée la même : 16h.

Réalisée par un collectif local, la fresque de la colère représente, sur un fond bleu agrémenté de nuages, les visages côte-à-côte de George Floyd, mort lors de son interpellation à Minneapolis aux Etats-Unis et d'Adama Traoré, jeune homme noir décédé en juillet 2016 après son interpellation par les gendarmes à Beaumont-sur-Oise (Val-d'Oise). Une phrase surplombe les visages : «Contre le racisme et les violences policières.» 

Il s'agit d'une «ultime provocation par un élu de la République qui stigmatise les policiers», avait initialement dénoncé la délégation de Seine-Saint-Denis du syndicat Alliance sur les réseaux sociaux, appelant à une «mobilisation» devant la fresque et demandant sur Facebook «que cette fresque soit repeinte car elle stigmatise la Police Républicaine.» La revendication (et avec elle, la publication Facebook du syndicat) a évolué, les policiers réclamant uniquement que «la phrase [mentionnant le racisme et les violences policières] soit repeinte». 

L'annonce initiale d'Alliance avait entraîné une réponse de la part du comité Adama, qui avait également appelé à se rendre sur les lieux. «Effacer mon frère, recouvrir son visage, c'est nier son existence. [...] C'est profaner nos morts», s'était insurgée Assa Traoré dans une vidéo mise en ligne.

Lors de l'inauguration de la fresque le 18 juin, Assa Traoré était présente au côté du maire (PCF), Azzédine Taïbi, de cette ville de Seine-Saint-Denis.

Il a lui-même réagi le 21 juin à l'appel initial d'Alliance en déclarant : «Cet appel au rassemblement [policier] est une menace à l’ordre public que je ne peux tolérer.» Et de faire part de ses «inquiétudes quant aux risques de débordement». Dans un communiqué, l'édile communiste a précisé : «A Stains, nous avons toujours dénoncé les violences quelles qu’elles soient. [...] Pour autant nous ne cesserons pas de dénoncer les comportements inadmissibles de certains policiers qui outrepassent leurs droits [...] Cette fresque est une expression artistique et pacifiste, en soutien et hommage à toutes les victimes de l’injustice.»

La confrontation devant la fresque évitée

Sur Twitter, le journaliste militant Taha Bouhafs a expliqué : «Selon mes sources, la mairie de Stains à alerté le préfet du 93 sur le risque de trouble à l’ordre public d’un tel rassemblement à l’appel d’un syndicat de police. Le préfet a répondu et s’est contenté d’apporter son soutien aux policiers.»

Contacté par RT France,un policier adhérent du syndicat Alliance avait craint le 21 juin : «Pour moi, ce rassemblement est une erreur, ça risque de partir en cacahuète, je ne le sens pas.» 

Le bureau national d'Alliance a visiblement saisi le risque de débordements et, contacté par RT France, a fait part dans la matinée du 22 juin du changement de lieu pour le rassemblement policier : «On va essayer de rencontrer le préfet [de Seine-Saint-Denis]», a ainsi déclaré un responsable du bureau national du syndicat.

Interrogé par RT France, le porte-parole du collectif de policiers en colère UPNI, Jean-Pierre Colombies, a analysé : «Les syndicats de police se font lâcher par tout le monde, ils sont même lâchés par le pouvoir à présent ! Cela s'explique en partie de la manière suivante : alors que de grands problèmes de société s'imposent à toute la population, les syndicalistes policiers ne parlent que d'heures supplémentaires et des statuts de leurs adhérents. [...] En croyant défendre leurs flics qu'on envoie au carton, les syndicalistes policiers les ont mis dans une situation intenable en défendant tout et n'importe quoi. En réalité, ils auraient dû dire "les violences policières c'est le domaine politique qui les a faites", au lieu de nier l'existence des violences et la radicalité imposée à tous par ce gouvernement.»

Antoine Boitel

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