Cagoules et barres de fer : flambée de violences à Dijon autour d'une «expédition punitive» (IMAGES)

Cagoules et barres de fer : flambée de violences à Dijon autour d'une «expédition punitive» (IMAGES)© Capture d'écran Twitter : @MansM_
Embardée d'un véhicule dans le quartier des Grésilles à Dijon.

Durant le weekend, la ville de Dijon a été le théâtre de scènes de violences spectaculaires, impliquant selon le procureur des membres des communautés tchétchène et maghrébine, «peut-être dans le cadre d’une affaire de trafic de drogues».

De multiples scènes de violences ont été observées ces derniers jours dans la ville de Dijon, comme en témoignent plusieurs articles de la presse locale ainsi que des vidéos diffusées sur les réseaux sociaux.

Il s’agit d’une dérive communautariste et raciste, avec une expédition punitive de Tchétchènes, une vengeance, sur des membres de la communauté maghrébine

Ce 15 juin, le procureur de la République de Dijon Eric Mathais a dénoncé des actions «intolérables» et «inacceptables», «un événement inédit à Dijon et non habituel en France». «Il s’agit d’une dérive communautariste et raciste, avec une expédition punitive de Tchétchènes, une vengeance, sur des membres de la communauté maghrébine, qui auraient agressé un jeune homme, peut-être dans le cadre d’une affaire de trafic de drogues. Cette expédition punitive n’a, à aucun moment, ciblé les forces de l’ordre», a détaillé le procureur.

Plus tard dans la journée, le maire socialiste sortant, François Rebsamen, après un appel téléphonique avec le ministre de l'Intérieur, Christophe Castaner, a déclaré à l'AFP : «Des renforts arriveront ce soir [lundi 15 juin], une ou deux compagnies, afin de sécuriser et rassurer».  La préfecture a précisé qu'une demi section de CRS (37 policiers) et des renforts de la brigade anticriminalité étaient déjà arrivés le dimanche 14 juin. Un escadron de gendarmes mobiles, soit 110 militaires, devait être déployé ce soir du 15 juin, selon la même source.

Vengeance de membres de la communauté tchétchène contre des dealers ?

France 3 fait état de violences dans le quartier des Grésilles dans la nuit du dimanche 14 au lundi 15 juin, pour la «troisième nuit d'une poussée de fièvre inédite à Dijon». Selon le média public, au moins 12 personnes ont été blessées pendant le week-end, «marqué par l'arrivée à Dijon de dizaines d'individus se revendiquant de la communauté tchétchène».

Des membres de celle-ci ont déclaré à France 3 vouloir régler un conflit avec des «dealers» qui auraient passé un tabac un jeune Tchétchène il y a quelques jours. France Bleu rapporte de son côté que des membres se revendiquant de la communauté tchétchène sont venus de tout le pays à Dijon pour se venger de dealers résidant en Côte-d'Or.

Parmi les scènes de violences qui ont émaillé ce weekend : le 14 juin dans le quartier des Grésilles, selon le quotidien régional Bien Public, plusieurs dizaines d'individus, dont certains cagoulés et armés de barres de fer, se sont agglutinés autour d'un véhicule accidenté après une impressionnante embardée de celui-ci. «La descente des Tchétchènes à Dijon continue», commente un internaute ayant relayé une des vidéos de la scène, dans une publication sélectionnée par le journal dijonnais. «Sur une autre vidéo, on voit [une] Peugeot 307 foncer en direction de la foule, avant de venir percuter un poteau et de se retourner sur la chaussée. Personne ne semble toutefois avoir été percuté», rapporte également Bien Public.

Plusieurs scènes au contenu sensible, qui témoigneraient de la suite des événements, ont été partagées sur Twitter. On y voit notamment un homme inconscient, le corps sortant à moitié de son véhicule par la fenêtre, la tête penchée au-dessus d'une flaque de sang. «Il a voulu écraser un des nôtres mais ils a raté», peut-on lire en commentaire d'une des vidéos mises en ligne, de la part d'un internaute se présentant comme tchétchène.

Contacté par RT France, la police municipale a expliqué que la scène avait donné lieu à une intervention de la police nationale. «On ne sait pas si l’accident est en lien avec les violences constatées à Dijon depuis vendredi soir», peut-on également lires dans les colonnes de Bien Public.

Selon le quotidien Bien Public, une enquête menée par la Direction interrégionale de la police judiciaire (DIPJ) a été ouverte dès le 12 juin, au côté de la sûreté départementale.

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