5 000 à 10 000 personnes pourraient mourir du cancer faute de dépistage durant le confinement

5 000 à 10 000 personnes pourraient mourir du cancer faute de dépistage durant le confinement© Stéphane de Sakutin Source: AFP
Des radiologues lors d'un examen IRM à l'hôpital Mondor à Créteil (Val-de-Marne), juin 2019 (image d'illustration).
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Lors du confinement, des milliers de personnes n'ont pas souhaité consulter leur médecin. Selon Jean-Paul Blay, professeur de cancérologie interviewé par RT France, ces défections auront de lourdes répercussions en termes de surmortalité.

Nombreuses seront les victimes collatérales du Covid-19, particulièrement dans le domaine de la santé. Selon les hypothèses des médecins, la surmortalité liée au cancer pourrait être importante. Des milliers de personnes pourraient mourir faute de s'être fait dépister en temps voulu, car elles ont remis leurs consultations à plus tard.

Durant le confinement, de nombreuses personnes présentant des symptômes, ou contraintes de réaliser des tests de routine, ont ajourné leurs rendez-vous ou ont attendu, par peur de s'exposer au coronavirus. Le ministre de la Santé Olivier Véran avait averti le 19 avril dernier : «On remarque une baisse inquiétante des dépistages en cancer, une baisse de la vaccination.» Il avait évoqué une situation qui devait «nous inquiéter».

Il faut consulter : c'est le message principal

Le professeur Jean-Yves Blay, qui dirige le centre d'oncologie Léon-Bérard à Lyon (Rhône), lance aujourd'hui un cri d'alerte. «Il faut consulter : c'est le message principal», prévient-il sur RT France. Il redoute 5 000 à 10 000 morts supplémentaires du cancer en France. De leur côté, les Britanniques évaluent la surmortalité due à cette pathologie à 40 000 personnes.

On ne constate pas de défaut de prise en charge, puisque les patients dépistés, avant ou durant le confinement, ont bel et bien suivi les protocoles. «La question est celle des patients qui n'étaient pas connus, qui auraient eu un diagnostic pendant cette période du mois de mai parce qu'ils étaient inquiets, et n'ont pas voulu sortir de chez eux», explique le professeur, également président de la fédération Unicancer, qui regroupe les centres de lutte contre la maladie.

Environ 380 000 cas de cancers sont détectés en France chaque année. Les professionnels ont observé ces derniers temps que les statistiques des nouveaux cas de cancers, habituellement stables, sont en chute libre. «On observe dans les centres de lutte contre le cancer et dans la quasi-totalité des établissements hospitaliers une diminution du nombre des nouveaux diagnostics», poursuit Jean-Yves Blay. Selon les hôpitaux, cette baisse est estimée entre 20 et 50%.

Un cancer ne peut pas attendre

«Il va falloir désormais que ces patients qui n'ont pas consulté, ces patients potentiels, puissent aller voir leur médecin traitant et les structures de diagnostic, afin qu'ils puissent [...] bénéficier du traitement dans le meilleur délai», juge le professeur. Certaines formes, chez certains patients, sont dites plus «indolentes». Mais les traitements d'autres types doivent être entrepris sans délai.

«Un cancer ne peut pas attendre [...] Certaines études montrent 20% d'excès de risque avec un retard de diagnostic de 3 mois», avertit le professeur, citant des maladies rapidement évolutives comme les leucémies ou certains cancers du poumon.

AVC, hypertension, infarctus : fléaux silencieux durant l'épidémie

Fin mars, le Collège de médecine générale avait conseillé de ne pas se passer des soins de santé ordinaires ou chroniques, sous peine d'«enclencher une bombe à retardement». La surmortalité ne concernera pas uniquement les cancéreux qui s'ignoraient. Début avril, le professeur Pierre Amarenco, chef du service de neurologie à l’hôpital Bichat-Claude-Bernard, alertait dans Libération d'«une baisse considérable» du nombre d'AVC et d'infarctus du myocarde. Très inquiet à cause de ce nouveau problème de santé publique, il redoutait une vague d'AVC après l'épidémie.

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