«Pourquoi une telle faiblesse des autorités ?» : la marche pro-migrants à Paris indigne droite et RN

«Pourquoi une telle faiblesse des autorités ?» : la marche pro-migrants à Paris indigne droite et RN© Twitter : @CharlesBaudry
Manifestation interdite en faveur de la régularisation des sans-papiers, le 30 mai 2020, place de la République à Paris.

Des personnalités politiques de droite et du Rassemblement national se sont indignées de la tenue illégale d'une manifestation en faveur de la régularisation des sans-papiers. Certaines s’interrogent sur une forme de complaisance de l'Intérieur.

Alors qu'elle a donné lieu à des débordements sur la place de la République, la marche parisienne non-autorisée du 30 mai en faveur de la régularisation des sans-papiers a irrité plusieurs figures politiques au sein de la droite et des souverainistes français. Sur les réseaux sociaux, certaines personnalités politiques ont tenu à exprimer publiquement leur amertume quant à la tenue d'un tel événement, en dépit des restrictions actuellement en vigueur dans le cadre du déconfinement.

«Comment une telle provocation a pu avoir lieu ? Combien ont été interpellés ? Pourquoi une telle faiblesse des autorités ?», s'est ainsi interrogé le vice-président du Rassemblement national, Jordan Bardella, qui a tenu à souligner l'aspect «illégal» de ce rassemblement de «clandestins».

Membre du bureau national du même parti, Jean Messiha a fustigé une manifestation «de gens qui sont ici contre notre volonté et en violation de nos lois». «A quand des manifestations de cambrioleurs, d'escrocs, de fraudeurs fiscaux, de voleurs de voitures et de sac à main ? Dehors !», a-t-il écrit.

L'eurodéputé Thierry Mariani a pour sa part interpellé le ministre de l'Intérieur et le préfet de police après «ce défilé navrant de clandestins». «Cette manifestation était interdite. Où sont les pourfendeurs permanents des Gilets jaunes, Christophe Castaner et le préfet Lallement ? Aux abonnés absents», a poursuivi l'ancien ministre. 

Le député Les Républicains (LR) Eric Ciotti a de son côté pointé l'existence à ses yeux d'«un deux poids deux mesures», mettant en parallèle «d’honnêtes citoyens respectant la loi et les mesures sanitaires sous peine d’amende» avec «des hors-la-loi en situation illégale défiant la République, criant "police assassins" sans être expulsés». Le député des Alpes-Maritimes a pointé la responsabilité du ministre de l'Intérieur. «Le responsable de cette situation, c'est Castaner», a-t-il écrit dans un second tweet.

Nicolas Dupont-Aignan a lui aussi adressé des reproches au ministre de l'Intérieur «Ils vivent illégalement sur le sol français, bravent l'interdiction de manifester, méprisent les règles sanitaires, provoquent nos forces de l'ordre... Des milliers de sans-papiers manifestent dans les rues de Paris pour réclamer leur régularisation ! Où est Christophe Castaner ?», a tweeté le député de l'Essonne et fondateur du parti Debout la France.

Promoteur du défilé, le député anciennement membre du groupe LREM à l'Assemblée nationale, François-Michel Lambert, a pour sa part publié des images de la manifestation en faisant valoir «un devoir humanitaire, un impératif sanitaire» de manifester.

La manifestation avait au préalable été interdite par la préfecture de police de Paris dans le cadre des règles sanitaires imposées à l'échelle nationale pour endiguer la propagation du Covid-19.

L'appel à manifester avait été lancé le 28 avril sur le blog de La Marche des solidarités et avait été signé par 210 organisations et 300 personnalités. «Nous exigeons des autorités qu’elles régularisent les sans-papiers et migrant(e)s, qu’elles ferment les centres de rétention, qu’elles donnent accès à des logements décents à toutes celles et tous ceux qui sont à la rue, papiers ou pas», avaient déclaré les signataires, arguant que «pour ces populations, la crise sanitaire actuelle est en train de devenir une véritable bombe sanitaire». «La Marche des solidarités appelle donc à une mobilisation encore plus forte et déterminée, parce que l’urgence est sanitaire, sociale et politique, et qu’aux revendications de la manifestation s’ajoute désormais la défense de nos libertés», avaient réaffirmé les organisateurs dans un nouveau texte.

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