Pendant la pénurie, un ex-collaborateur de Véran a tenté de toucher une commission sur des masques

- Avec AFP

Pendant la pénurie, un ex-collaborateur de Véran a tenté de toucher une commission sur des masques© Alain Jocard Source: Reuters
Le ministre français de la Santé et de la Solidarité Olivier Veran s'exprime lors d'une séance de questions au gouvernement à l'Assemblée nationale française à Paris, France le 7 avril 2020. (image d'illustration)

Mi-mars, en pleine pénurie de masques et d'explosion des cas de coronavirus en France, un collaborateur du ministre de la Santé a tenté de jouer les intermédiaires avec une société chinoise et de toucher une commission, en vain.

Un ancien collaborateur du ministre de la Santé Olivier Véran a tenté, en vain, de toucher une commission en plaçant auprès du ministère une offre de masques FFP2, à la mi-mars, en pleine pénurie de masques de protection contre l'épidémie de coronavirus, a révélé Mediapart ce 9 mai.

Cet ex-collaborateur, Tewfik Derbal, devenu ensuite collaborateur d'une députée LREM, Emilie Chalas, a «confirmé» à cette dernière les faits relatés par le site d'information, et a démissionné de son poste le 8 mai, précise dans un communiqué la députée de l'Isère. Elle ajoute qu'elle «ignorait tout» de ces «faits et comportements», qu'elle «condamne avec la plus grande fermeté».

De son côté, Olivier Véran a répondu au quotidien Le Dauphiné Libéré que «cette histoire» ne le «[concernait] pas». «Les premières semaines, le ministère a reçu des centaines d'offres de masques, par tous les canaux imaginables. À tel point que la cellule de crise a dédié une équipe à l'examen de ces offres. L'écrasante majorité était d'ailleurs hélas bidon. J'imagine que celle de Tewfik Derbal l'était aussi, vu qu'aucune suite n'y a été donnée», argumente-t-il. Interrogé par l'AFP, le ministère de la Santé n'a pas souhaité faire de commentaire. Selon Mediapart, l'ancien assistant parlementaire d'Olivier Véran (lui-même ancien député de l'Isère) a cherché, à la mi-mars, à positionner une offre de masques FFP2 auprès du ministère de la Santé.

Ces masques en grande quantité – au moins un million – étaient proposés par une société française d'import-export avec la Chine, auprès de qui «plusieurs pays» avaient manifesté leur intérêt, «sauf la France», selon le quotidien. Selon des messages produits par Mediapart, la société est alors entrée en contact avec Tewfik Derbal, qui a affirmé être «en lien» avec le ministère de la Santé, et réclamé une commission en tant «qu'apporteur d'affaires» : un certain pourcentage du prix sur chaque masque vendu. 

Un contrat est signé entre les deux parties, mais «la transaction n'aura jamais lieu», et «Tewfik Derbal ne finalisera jamais la commande de l'Etat», ajoute le journal.

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