«Des comptes à rendre» : la pénurie de masques provoque la colère de médecins contre le gouvernement

«Des comptes à rendre» : la pénurie de masques provoque la colère de médecins contre le gouvernement© Philippe LOPEZ Source: AFP
Un boîte de masques de protection (image d'illustration).

Le manque de moyens accordés aux hôpitaux est encore plus tangible dans le contexte de la crise du coronavirus. En témoigne la pénurie de masques de protection, dont la faute incombe au gouvernement selon la Fédération des médecins de France.

Malgré une conférence de presse lors de laquelle le ministre de la Santé Olivier Véran a tenté de rassurer le personnel soignant et défini les contours de la stratégie gouvernementale sur la distribution à venir des masques, le milieu médical se montre incrédule.

«Imprévoyance totale», «vrai retard dans la logistique des masques»...

La pénurie de masques de protection respiratoire est due à «l'imprévoyance totale» du gouvernement et de l'administration française, qui auront «des comptes à rendre» après l'épidémie de coronavirus, a ainsi estimé ce 22 mars le docteur Jean-Paul Hamon, président de la Fédération des médecins de France (FMF), lui-même infecté et confiné chez lui depuis huit jours.

Commentant à l'antenne de France info la récente annonce par le ministre de la Santé d'une commande 250 millions de masques, dont la distribution progressive irait en priorité aux professionnels de santé, Jean-Paul Hamon a affirmé : «Les annonces c'est bien, voir réellement les masques ce serait quand même mieux [...] Les masques auraient dû être commandés il y a plus de deux mois, voire trois.»

Même son de cloche chez son homologue Jean-Paul Ortiz, président de la Confédération de syndicats médicaux français (CSMF) qui, évoquant «les plaintes de [ses] confrères qui n'en ont pas sur le terrain», a dénoncé sur CNews «un vrai retard dans la logistique de ces masques».

Le 19 mars, le chef du service des urgences à l'hôpital Georges-Pompidou jugeait pour sa part à l'antenne de BFMTV que la France était «un pays sous-développé en matière de santé». «Comment appelez-vous un pays qui n'est pas capable de donner des masques à ses soignants ?», lançait alors Philippe Juvin à une journaliste pour le moins renfrognée face à de tels propos.

Une avalanche de critiques également constatée de droite à gauche de l'échiquier politique. «La pénurie de masques ne vient pas de nulle part. 1) Décision du Premier ministre en 2015 de dilapider nos stocks de masques. 2) Décision actionnariale avec des entreprises qui ont délocalisé. Il faut mettre en route la production massive par tous les moyens», a par exemple twitté le 21 mars le chef des insoumis, Jean-Luc Mélenchon.

«"Non, je ne reconnais pas qu’il en manque." Monsieur Laurent Nunez, allez dire les yeux dans les yeux à des milliers de professionnels de santé, pompiers ou policiers qu’il n’y a aucune pénurie de masques. Quel déni de réalité !!», a de son côté réagi Marine le Pen.

Ce phénomène de défiance au sujet des masques intervient dans la foulée d'une déclaration la porte-parole de l'exécutif, Sibeth Ndiaye, qui, deux mois après que le port du masque eut été recommandé par le ministère de la Santé afin de «réduire la diffusion des microbes», a déclaré le 20 mars : «Vous savez quoi, je ne sais pas utiliser un masque !» Des propos qui n'ont pas tardé à mettre de l'huile sur le feu concernant la gestion gouvernementale de la crise du coronavirus, dans un contexte social explosif lié au manque de moyens attribués à l'hôpital public.

Face à l'afflux de remontrances visant le pouvoir en place, Emmanuel Macron avait pour sa part ironisé le 20 mars en félicitant «ceux qui avaient prévu la crise une fois qu'elle a[vait] eu lieu».

Une telle assertion a de quoi paraître audacieuse compte tenu de l'inédit mouvement social qui traverse le milieu hospitalier depuis maintenant près d'un an, ses protagonistes n'ayant eu de cesse d'alerter le gouvernement sur une situation chaotique. Au mois de mai 2019 déjà, le président de SAMU-Urgences de France écrivait par exemple au ministère de la Santé pour mettre en garde sur «un point de rupture jamais atteint».

Fabien Rives

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