Travailler plus longtemps, «ça fait partie du jeu» ? Un sénateur repris de volée sur Twitter

Travailler plus longtemps, «ça fait partie du jeu» ? Un sénateur repris de volée sur Twitter© ANNE-CHRISTINE POUJOULAT / AFP
Jérôme Bignon, alors président du Conservatoire du littoral, dans le jardin des Méditerranées lors de sa visite de Rayol-Canadel-sur-Mer le 13 septembre 2010 (image d'illustration).

En plein mouvement social, l'argumentaire du sénateur Jérôme Bignon en faveur de la réforme des retraites a fait réagir nombre d'internautes sur Twitter, certains pointant la différence de pénibilité entre sa carrière et celle d'autres citoyens.

Sénateur du groupe Les Indépendants - République et territoires (LIRT) Jérôme Bignon s'est exprimé le 13 décembre sur le plateau de la chaîne Public Sénat au sujet de la réforme des retraites, défendue par le gouvernement malgré un mouvement de grève qui dure depuis plusieurs jours.

Des pays équivalents au nôtre au sein de l'Union européenne l'ont fait et ne s'en portent pas plus mal

Plaidant pour la réforme, par ailleurs préconisée par la Commission européenne dans le cadre de ses recommandations adressées aux pays membres en juin 2019, l'homme politique de la Somme argumente par exemple : «Des pays équivalents au nôtre au sein de l'Union européenne l'ont fait et ne s'en portent pas plus mal. Surtout qu'ils travaillent plus longtemps et ils ont des retraites moins importantes que celles qu'on propose à nos salariés !»

Jérôme Bignon est alors relancé par la journaliste qui lui demande si une telle situation pourrait se produire en France. «Je pense qu'on travaillera plus longtemps, ça fait partie du jeu. J'ai 70 ans, je suis toujours en activité, j'ai commencé à travailler à 23 ans», déclare-t-il avant d'expliquer qu'il comprenait toutefois qu'«être parlementaire c'est plus facile physiquement que de travailler à la chaîne». De fait, avant son mandat au Sénat où il siège depuis plus de cinq ans, celui qui a été plus de 20 ans maire de Bermesnil (de 1980 à 2001), a également été durant 14 années député de la Somme à l'Assemblée nationale.

Partagé sur Twitter par la chaîne parlementaire, le court extrait en question n'a pas manqué de faire réagir nombre d'internautes qui ont décidé de commenter la vidéo.

«Savez-vous qu'il y a treize ans d'écart pour l'espérance de vie entre vous et un ouvrier posté en 3×8», écrit par exemple un premier internaute, l'Insee ayant démontré une corrélation entre le niveau de vie et l'espérance de vie. «Amusez-vous à porter des poutres et poser de l'ardoise par -10 ou +40°C pendant 50 ans», lui objecte un autre. L'indignation se poursuit au fil des commentaires visibles sous l'extrait vidéo.

Certaines personnalités médiatiques ont elles aussi réagi, à l'instar du journaliste d'investigation Paul Moreira ou encore de l'ancien coauteur des Guignols de l'info, Bruno Gaccio.

Le premier a témoigné : «J'ai été ouvrier dans une imprimerie. Vacarme, saleté et ennui. Chaque matin, je retardais le moment de regarder la pendule. "Putain, 40 minutes sont passées, seulement... ". Après je suis devenu journaliste et je n'ai plus jamais travaillé. Il ne sait pas ce qu'est le travail...»

Quant au second, il n'a pas hésité pas à évoquer la carrière de son défunt père pour exprimer son indignation. «Va dire ça à mon père qui a passé 50 ans sur des échafaudages, l’hiver à cailler l’été a crever de chaud et qui s’est tapé l’amiante sur 80% des chantiers. Ha bah non il est mort de l’amiante à 72», a-t-il tweeté.

La réforme des retraites bénéficie d'une couverture médiatique importante en France, notamment à travers le prisme de la grève interprofessionnelle qui a débuté le 5 décembre. Entre autres polémiques liées au projet gouvernemental, les récentes révélations sur le haut-commissaire aux retraites, en charge de la réforme : Jean-Paul Delevoye. Face à l'accumulation des tollés le concernant, ce dernier a présenté sa démission à Emmanuel Macron ce 16 décembre et devrait «être remplacé dans les plus brefs délais», selon l'Elysée.

Jean-Paul Delevoye était en difficulté depuis plusieurs jours en raison des mandats bénévoles ou rémunérés qu’il avait omis de déclarer à la Haute autorité pour la transparence de la vie publique. Il n'en avait déclaré que trois au lieu d'au moins 13.

Lire aussi : Démission de Delevoye : l'opposition appelle à l'abandon de la réforme, LREM la défend bec et ongles

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