Retraites : dénonçant un conflit d'intérêt, l'opposition réclame des comptes à Delevoye

Retraites : dénonçant un conflit d'intérêt, l'opposition réclame des comptes à Delevoye© Philippe LOPEZ Source: AFP
Jean-Paul Delevoye, Haut-commissaire aux retraites, à Matignon le 1er décembre 2019.
Suivez RT France surTelegram

L'«omission» de Jean-Paul Delevoye, Haut-commissaire aux retraites, de mentionner son poste d'administrateur de l'Institut de formation de la profession de l'assurance depuis 2016 à sa déclaration d'intérêts, a suscité l'ire de l'opposition.

Mauvais timing ? Ce 8 décembre, alors que la France s'apprêtait à vivre son cinquième jour consécutif de grève générale contre la réforme des retraites portée par l'exécutif, Le Parisien révélait que le Haut-commissaire aux retraites, Jean-Paul Delevoye, avait omis dans sa déclaration d'intérêts de signaler son mandat bénévole au sein d'une structure de formation des professions de l'assurance (Ifpass), dont il est l’administrateur depuis 2016. Selon une source proche du dossier au journal Le Parisien, Jean-Paul Delevoye, chargé de la réforme des retraites depuis 2017, est de ce fait «étroitement lié au monde de l’assurance». Aussi, son mandat au sein de l’Ifpass pourrait constituer, selon la source interrogée par le quotidien de la capitale, un conflit d’intérêt majeur vis-à-vis de la réforme des retraites en projet actuellement, «notamment parce que l’ensemble du secteur est intéressé par la réforme». Il n'en fallait pas plus pour que, du PCF au RN, l'opposition réclame des comptes au Haut-commissaire aux retraites, certaines personnalités appelant même à sa démission.

La présidente du RN Marine Le Pen a ainsi estimé que le président français, Emmanuel Macron, ne gouvernait «pas dans l’intérêt des Français», notamment en démantelant «notre modèle au profit d’intérêts particuliers et de puissances d’argent».

Florian Philippot, ancien vice-président du Rassemblement national, désormais président des Patriotes, considère pour sa part que «Delevoye n’a pas d’autre choix que de présenter sa démission dès aujourd’hui».

Nicolas Dupont-Aignan, député et président de Debout la France, en appelle également à la démission du Haut-commissaire aux retraites, soulignant son empreinte de «lobbyiste» dans la réforme des retraites. 

David Corman, député européen d'Europe-Ecologie Les Verts, dénonce que la formation politique au pouvoir équivaut à «la République des marchands, des conflits d’intérêts et de la vente à la découpe des biens communs». Avant de poursuivre : «Avec eux, tout est à vendre. En voici une nouvelle illustration.»

Ian Brossat, porte parole du PCF, n'a pas hésité à rappeler avec dérisions d'autres éléments liés à ce dossier : «Hasard aussi si le gouvernement a accordé une fiscalité super avantageuse pour ceux qui placent leur argent dans des fonds de pension en avril dernier», a-t-il ainsi publié sur Twitter. 

Adrien Quatennens, député de La France insoumise, a ironisé : «Alors que le monde de l’assurance, lui, n’a pas oublié de déclarer ses liens avec la réforme des retraites que prépare Jean-Paul Delevoye !»

Pour sa part, Jean-Luc Mélenchon, leader de LFI, condamné ce 9 décembre à trois mois de prison avec sursis et 8 000 euros d'amende pour «actes d'intimidation, rébellion et provocation» lors d'une perquisition dans les locaux de la France insoumise, a dressé un parallèle avec sa propre situation : «Monsieur Delevoye peut mettre à l'attaque tout le pays sur les retraites et oublier une partie de ses déclarations d'intérêts, ça c'est pas un problème... Moi j'ai crié sur mon palier que ma personne est sacrée, ce qui est vrai et que la République c'est moi, alors ça, c'est 8 000 euros d'amende et puis 3 000 de dommages et intérêts.»

Lire aussi : La retraite par capitalisation s’invite dans le débat sur la réforme

Raconter l'actualité

Suivez RT France surTelegram

En cliquant sur "Tout Accepter" vous consentez au traitement par RT France de certaines données personnelles stockées sur votre terminal (telles que les adresses IP, les données de navigation, les données d'utilisation ou de géolocalisation ou bien encore les interactions avec les réseaux sociaux ainsi que les données nécessaires pour pouvoir utiliser les espaces commentaires de notre service).

En cliquant sur "Tout Refuser", seuls les cookies/traceurs techniques (strictement limités au fonctionnement du site ou à la mesure d’audiences) seront déposés et lus sur votre terminal. "Tout Refuser" ne vous permet pas d’activer l’option commentaires de nos services.

Pour activer l’option vous permettant de laisser des commentaires sur notre service, veuillez accepter le dépôt des cookies/traceurs « réseaux sociaux », soit en cliquant sur « Tout accepter », soit via la rubrique «Paramétrer vos choix».

Le bandeau de couleur indique si le dépôt de cookies et la création de profils sont autorisés (vert) ou refusés (rouge). Vous pouvez modifier vos choix via la rubrique «Paramétrer vos choix».

OK

RT France utilise des cookies pour exploiter et améliorer ses services.

Vous pouvez exprimer vos choix en cliquant sur «Tout accepter», «Tout refuser» , et/ou les modifier à tout moment via la rubrique «Paramétrer vos choix».

Pour en savoir plus sur vos droits et nos pratiques en matière de cookies, consultez notre «Politique de Confidentialité»

Tout AccepterTout refuserParamétrer vos choix