Candidature à la présidence des Républicains : qui sont les candidats en lice ?

- Avec AFP

Candidature à la présidence des Républicains : qui sont les candidats en lice ?© Thomas Samson / Jacques Demarthon / Martin Bureau
Les trois candidats en lice pour la présidence des Républicains, de gauche à droite : Julien Aubert, Christian Jacob et Guillaume Larrivé. (image d'illustration).

De quoi l'avenir des Républicains sera-t-il fait ? Après la déculottée des élections européennes, le parti de la droite classique se cherche un nouveau leader afin de raviver la flamme de son électorat en vue des prochaines élections.

Qui obtiendra le bâton de maréchal de la droite classique française ? Trois candidats ont déposé le 13 août leur candidature officielle à la présidence des Républicains, un parti enlisé dans une crise profonde, après deux échecs à la présidentielle et une récente déconvenue aux européennes. Les trois hommes qui se proposent pour mener à bien cette périlleuse mission affichent des profils très différents.

Il est à noter que, par souci «d'apaisement», les candidats à la présidence du parti doivent prendre «l'engagement moral» de ne pas se présenter à la présidentielle de 2022. 

Christian Jacob, le favori de la vieille garde sarkozyste

Député depuis plus de 12 ans et président du groupe UMP puis LR à l'Assemblée nationale depuis 2010, l'ancien syndicaliste agricole Christian Jacob, 59 ans, s'avance en position de force pour conquérir la machine créée en 2015 sur les cendres de l'UMP par Nicolas Sarkozy.

L'ex-maire de Provins (Seine-et-Marne) revendique en effet le soutien de la grande majorité des pontes du parti, et les parrainages de près des deux tiers des députés LR. A 59 ans, l'ancien ministre de Jacques Chirac (son mentor) est un fin connaisseur de la droite française – il était entré à la commission exécutive du RPR dès 1995 – et peut se targuer d'un certain sens de la négociation, déjà éprouvé lorsqu'il était président du Centre national des jeunes agriculteurs (CNJA) au début des années 1990.

Mais cet élu de Seine-et-Marne tient surtout pour principale qualité de ne nourrir aucune ambition présidentielle : la garantie, au moins provisoire, d'absence de querelle au sommet après celle ayant opposé en 2012 François Fillon et Jean-François Copé.

Quant à son programme, il entend s'appuyer sur les dernières forces des Républicains : la majorité au Sénat et le maillage des élus locaux.

Julien Aubert, le souverainiste gaulliste

Après une première tentative de candidature à la tête du parti en 2017, avortée faute de parrainages suffisants, le député du Vaucluse va désormais pouvoir compter ses troupes. Il a notamment reçu le soutien de Claude Goasguen et Gérard Longuet, et cite comme modèle Philippe Séguin et Charles Pasqua.

Le condisciple d'Emmanuel Macron à l'ENA – il est âgé comme lui de 41 ans – avait créé son mouvement Oser la France en 2017, s'imposant comme l'un des représentants de la branche souverainiste de LR, opposée au fédéralisme européen mais également préoccupée de justice sociale et du rôle de l'Etat.

Elu de justesse en 2012 après le retrait d'une candidate frontiste, ce natif de Marseille – magistrat de la Cour des comptes – oppose ses «convictions gaullistes» à ses détracteurs qui l'accusent d'une certaine proximité avec le Rassemblement national. Parmi ses idées chocs : dans un livre paru l'hiver dernier, il évoquait la suppression de la double nationalité et l’obligation pour tout individu naturalisé français de choisir un prénom français.

L'un de ses anciens camarades à l'Assemblée, l'ex-député LR du Vaucluse Thierry Mariani, devenu eurodéputé RN, veut d'ailleurs croire qu'il sera «la surprise» de ce scrutin interne, comme l'avait été 20 ans plus tôt Michèle Alliot-Marie, élue à la tête du RPR face au favori d'alors Jean-Paul Delevoye.

Pour réaliser ce tour de force, Julien Aubert propose, à l'instar de ses deux concurrents, la suppression de la primaire pour l'élection présidentielle. Il souhaite la remplacer, au choix, par un système de désignation par les militants et sympathisants ou par un collège électoral de conseillers nationaux et d'élus locaux.

Guillaume Larrivé, le libéral sorti du bois lors de l'affaire Benalla

Député de l'Yonne depuis 2012, cet énarque de la promotion 2002 s'est fait connaître du grand public à l'été 2018 en devenant le co-rapporteur de la commission d'enquête de l'Assemblée sur l'affaire Benalla, avant d'en claquer la porte en dénonçant des «pressions» de l'Elysée.

Magistrat au Conseil d'Etat, Guillaume Larrivé, âgé de 42 ans, s'est initié à la politique dans le cabinet de Nicolas Sarkozy au ministère de l'Intérieur, puis comme directeur adjoint des cabinets ministériels de Brice Hortefeux.

Opposé à la PMA, il intervient également régulièrement sur les sujets régaliens, domaine dans lequel il prône un «réarmement». Sur ce terrain comme sur les questions économiques, il est le tenant d'une ligne «nationale et libérale» et retient rarement ses coups contre le chef de l'Etat.

Dans un récent entretien à l'hebdomadaire Valeurs actuelles, il n'hésitait pas à dénoncer le «chaos migratoire» et «les territoires occupés qui cernent aujourd’hui la nécropole des rois de France à Saint-Denis» tout en prônant le «zéro regroupement familial» et la suppression du droit du sol. 

Pour la présidence de LR, il a notamment reçu le parrainage de l'ancien ministre du Budget puis du Travail, Éric Woerth.

Lire aussi : Après le choc des élections européennes, Les Républicains peuvent-ils remonter la pente ?

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