Attentat de Christchurch : l'assaillant plaide non coupable

- Avec AFP

Attentat de Christchurch : l'assaillant plaide non coupable© Mark Mitchell/Nouvelle-Zélande/Herald/Pool Source: Reuters
Brenton Tarrant, lors de son audience à la Court de Christchurch en Nouvelle-Zélande, le 16 mars 2019.

Les avocats de Brenton Tarrant, l'auteur de l'attentat de Christchurch qui a fait 51 morts, ont plaidé au cours d'une audience tenue ce 14 juin «non coupable de tous les chefs d'accusation» au nom de leur client. Le procès démarrera en mai 2020.

Le suprématiste blanc australien Brenton Tarrant, inculpé pour le meurtre en mars de 51 fidèles dans deux mosquées de Christchurch en Nouvelle-Zélande, a suscité le 14 juin la colère des victimes en apparaissant le sourire aux lèvres à l'audience, alors que ses avocats plaidaient non coupable en son nom. Son conseil, Shane Tait, a déclaré à la Haute cour de cette grande ville du sud de l'archipel que son client plaidait «non coupable de tous les chefs d'accusation», ce qui a également provoqué l'incrédulité des survivants et proches des victimes du carnage.

Brenton Tarrant est apparu lors de cette brève audience par visioconférence depuis la prison de haute sécurité d'Auckland. Il a été inculpé de 51 chefs de meurtre, de 40 chefs de tentative de meurtre et d'un chef d'acte terroriste. Son procès débutera en mai 2020, a fait savoir le juge.

Son sourire aux lèvres : «Cela montre juste que c'est un animal»

Le 15 mars, cet Australien de 28 ans avait ouvert le feu pendant la prière du vendredi dans deux mosquées de Christchurch, la plus grande ville de l'île du Sud. Il avait diffusé son forfait en direct sur Facebook. Dans un manifeste publié sur Internet, il s'était qualifié de «raciste», «ethno-nationaliste» et «eco-fasciste». Le sourire qu'il affichait lors de la retransmission à l'audience a provoqué l'ire des survivants de ce qui constitue le pire massacre commis de l'histoire moderne néo-zélandaise, massés en nombre sur les bancs du public.

«Cela montre juste que c'est un animal», a déclaré à l'extérieur du tribunal Mustafa Boztas, qui a été blessé à la cuisse. «Il est tellement triste que quelqu'un puisse être à ce point inhumain et prendre la vie d'innocents», a-t-il ajouté

Il rigolait ici et il pense qu'il est un dur, mais il n'était qu'un lâche

Abdul Aziz, un réfugié afghan, a expliqué qu'il voulait revoir le visage de l'accusé. Le 15 mars, c'est lui qui s'était opposé au tireur à la mosquée de Linwood et l'avait poursuivi à l'extérieur muni seulement d'un terminal de paiement par carte bancaire, ce qui avait vraisemblablement permis de sauver des vies.

«Il rigolait ici et il pense qu'il est un dur, mais ce n'était qu'un lâche quand je me suis opposé à lui et qu'il est parti en courant», a-t-il dit. «A ce moment-là, il n'était pas suffisamment un homme pour se tenir face à moi, mais maintenant, il se tient là en souriant [...] Laissez-moi 15 minutes dans sa cellule et on verra s'il peut encore sourire», a défié Abdul Aziz.

Un procès qui débutera dans un an

Au cours de l'audience du 14 juin, le tribunal a été informé que des expertises psychiatriques avaient établi que Brenton Tarrant était apte à être jugé, selon un communiqué diffusé par le juge Cameron Mander peu après l'audience.

Le juge a fixé au 4 mai 2020 l'ouverture d'un procès qui devrait s'étaler sur au moins six semaines. Mais des juristes relèvent que ce procès, le plus grand jamais organisé en Nouvelle-Zélande, pourrait durer deux fois plus longtemps. Une nouvelle audience a été fixée au 15 août.

Didar Hossain, qui a perdu un oncle et plusieurs amis le 15 mars, a déploré qu'il faille attendre autant pour obtenir justice. «Cela devrait être fini dans les six mois. Ce serait mieux pour nous. Nous ne sommes pas contents», a-t-il déclaré.

Le juge Mander a interdit aux médias de prendre des photos ou des vidéos de l'apparition de Brenton Tarrant sur la transmission audiovisuelle diffusée pendant l'audience. Il a en revanche autorisé l'utilisation d'images prises lors d'une audience précédente qui avait eu lieu en avril.

A la suite du massacre de Christchurch, le gouvernement néo-zélandais a durci la législation locale sur les armes et a annoncé qu'il allait réexaminer les lois concernant la répression des discours incitant à la haine. Le gouvernement a par ailleurs apporté son soutien aux efforts internationaux visant à amener les géants des réseaux sociaux à faire davantage pour combattre l'extrémisme en ligne.

Lire aussi : Attaque en Nouvelle-Zélande : le suspect a-t-il agi après son passage présumé en France ?

Raconter l'actualité

Les opinions, assertions et points de vue exprimés dans les commentaires sont le fait de leur auteur et ne peuvent en aucun cas être imputés à RT.

En cliquant sur chaque option, vous pouvez contrôler l'activation ou la désactivation du dépôt des cookies et de la création des profils : le bandeau de couleur indique si le dépôt de cookies et la création de profils sont autorisés (vert) ou refusés (rouge). Les cookies techniques (cookies de session, d'authentification et de sécurité) sont indispensables au bon fonctionnement de nos services et ne peuvent être désactivés.
OK

Ce site utilise des cookies.

En poursuivant votre navigation, vous acceptez l'utilisation, de la part de RT France et de tiers, de cookies et autres traceurs à des fins de mesure d'audience, partage avec les réseaux sociaux, personnalisation des contenus, profilage et publicité ciblée. Pour paramétrer l’utilisation des cookies veuillez accéder dans la rubrique «Paramétrer vos choix» et pour plus d’informations, nous vous invitons à consulter la rubrique «Politique de Confidentialité»