Grève symbolique de cinq minutes dans les services d'urgence des hôpitaux publics partout en France

Grève symbolique de cinq minutes dans les services d'urgence des hôpitaux publics partout en France© Eric Gaillard Source: Reuters
Devant un service d'urgences, le 26 mars 2019 à Nice (image d'illustration).
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Les urgences débrayent pour cinq minutes, sauf urgences absolues. Les hospitaliers dénoncent le manque de moyens, de personnel et de sécurité dans leurs services. Les hôpitaux, à bout de souffle, attendent un geste de la part du gouvernement.

Le syndicat Samu et urgences de France a appelé à une journée de mobilisation dans les services d'urgence des hôpitaux publics. Les grévistes étaient invités à débrayer symboliquement pendant cinq minutes (hors urgence vitale) avec, parfois, un cliché à l'appui.

L'objectif de ce rassemblement éclair était d'alerter sur les conditions sociales des métiers hospitaliers d'urgence, notamment sur la pénibilité au travail et la montée des incivilités de la part du public.

Par ailleurs, les syndicats du secteur s'inquiètent de l'orientation gouvernementale actuelle en matière de santé. Confrontés à un accroissement de la population, ils dénoncent en outre un manque de moyens et de personnel.

Dans un courriel rendu public le 22 mai, un urgentiste travaillant à Saint-Nazaire et à Nantes a écrit au député Insoumis François Ruffin qui soutient fréquemment la cause des hospitaliers notamment dans sa ville d'origine, à Amiens : «Nos conditions de travail se dégradent d'année en année, alors que le recours aux urgences augmente. Ces 20 dernières années, 100 000 lits d'hospitalisation ont été fermés, tandis que le nombre de recours aux urgences a, lui, doublé. [...] A Nantes, la clinique de la main, ultra moderne, a des vitres radio opaques pour les vestiaires des patients, tandis que nous, aux urgences, nous n'avons pas d'oreillers pour nos patients nonagénaires qui vont sédimenter sur des brancards pendant 24 à 48h, si ce n'est plus.»

Evoquant une «médecine à deux vitesses», l'urgentiste précise : «A Saint-Nazaire, il m'arrive de chercher une infirmière au milieu de 15 patients, en enjambant l'urine des patients qui coule dans le couloir, car aucun soignant n'était dispo pour un urinal [...]. Les médias ne parle pas assez de ce mouvement. Les syndicats font des communiqués de presse, des tractations émergent, mais je redoute l'issue d'un enfumage, d'une désillusion énorme à l'issue de ce mouvement. Et je n'aurais plus qu'a changer de métier, comme 10% de mes collègues chaque année.»

Après son assemblée générale du 25 mai, le collectif Inter-Urgences dénombrait 65 services d'urgences en grève dans toute la France, mouvement de grève qui avait commencé à la mi-mars à Paris. Dans son communiqué de presse, le collectif appelait également à une manifestation nationale le 6 juin prochain. 

Lire aussi : «Un point de rupture jamais atteint» : le président de SAMU-Urgences de France écrit au gouvernement

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