L'Union des démocrates musulmans français à l'assaut des européennes, les municipales dans le viseur

L'Union des démocrates musulmans français à l'assaut des européennes, les municipales dans le viseur© Capture d'écran de la couverture du programme de l'Union des démocrates français musulman
Capture d'écran de la couverture du programme de l'Union des démocrates français musulman (image d'illustration).

Un temps invalidée par le ministère de l’Intérieur, la liste de l'Union des démocrates musulmans de France participera finalement aux élections européennes. Ouvertement antisioniste, anti-impérialiste et anti-colonialiste, quel est son objectif ?

«Une Europe au service des peuples» : la liste de l’Union des démocrates musulmans de France (UDMF) s’est ajoutée, le 4 mai, aux 33 listes en lice pour les élections européennes du 26 mai. Le parti a obtenu l'aval de la place Beauvau après avoir réglé «des problèmes administratifs» comme l’explique au Parisien son fondateur Nagib Azergui. Réfutant les accusations de communautarisme, celui-ci assure être candidat pour lutter, entre autres, contre la «banalisation de l’islamophobie». Pour lui, «on s’attaque à une nouvelle communauté avec des théories dangereuses».

On veut être présent à chaque rendez-vous pour que les Français s’habituent à nous

L’UDMF, qui existe depuis 2012 et n’est jamais parvenu à franchir un premier tour lors d'élections locales et nationales, envisage toutefois ces élections européennes comme «un tremplin» pour mieux s’inscrire dans le paysage hexagonal lors des élections municipales de 2020. «Un objectif clairement assumé», confie Nagib Azergui au quotidien francilien, ajoutant : «On veut être présent à chaque rendez-vous pour que les Français s’habituent à nous.»

Une loi au niveau européen pour condamner tout discours «islamophobe»

Pour sa première participation aux élections européennes, l’UDMF, dont l’idéologie politique est basée sur le triptyque «anti-impérialisme, antisionisme, anticolonialisme», entend présenter un programme hétéroclite axé en «sept défis capitaux».

Aux côtés de la lutte contre «la pollution plastique», «les perturbateurs endocriniens» ou encore «les allergènes», figurent celles contre «les paradis fiscaux» et «les groupes d’influences». L’UDMF souhaite, en outre, voir «l’émergence» d’une «force militaire européenne indépendante», afin de faire sortir la France de l’Otan, responsable selon elle de l’aggravation de la situation sécuritaire notamment dans le Sahel et au Moyen-Orient.

Le défi du combat contre la haine

Dans une sous-partie de son programme intitulée «le défi du vivre-ensemble», l'UDMF insiste sur la nécessité de lutter contre le contrôle au faciès ainsi que sur les discriminations ethno-religieuses. «Selon plusieurs études menées, un individu de couleur noire a 6 fois plus de risques de se faire contrôler que celui de couleur blanche alors qu’un maghrébin en a 7 à 8 fois plus», avance l'UDMF. En réaction, le parti prône la création d'«une nouvelle institution publique à l’instar du Défenseur des droits» qui aurait la mission d'organiser «des opérations de testing beaucoup plus fréquentes et surtout systématiques».

Au sein de ce même volet, l'UDMF milite pour le droit de vote des étrangers non communautaires aux élections locales. Pour l'heure, seuls les ressortissants d’un Etat de l’Union européenne résidant dans un autre Etat membre peuvent, en effet, voter aux élections municipales sous certaines conditions (nombre d'années de résidence, réciprocité). Déplorant que la France ne suive pas certains de ses voisins européens sur ce sujet, l'UDMF souhaite l'application d'une directive européenne obligeant l'ensemble des Etats de l'Union européenne à accorder le droit de vote aux étrangers extra-communautaires.

Enfin, le parti évoque la question de l’islam dans un chapitre intitulé «le défi du combat contre la haine». Pour cette formation politique, «une loi doit être inscrite au sein du Parlement européen afin de condamner toute diffusion de discours de haine envers la communauté musulmane en permettant la dissolution de toutes associations ou groupements islamophobes, tous médias qui exploitent cette littérature islamophobe pour faire du profit en véhiculant des théories complotistes anti-musulmanes». Cette législation permettra, selon elle, de sévir contre ceux qui prétendent formuler «une critique raisonnée de l'islam» et qui souhaiteraient en réalité «véhiculer de véritables appels à la détestation des musulmans».

Lire aussi : «La paix n'est plus un acquis» : le discours anxiogène du programme européen de LREM sur la défense

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