Jean-Luc Mélenchon : «Nous sommes un pays vassal des Etats-Unis d’Amérique»

Jean-Luc Mélenchon : «Nous sommes un pays vassal des Etats-Unis d’Amérique»© Nicolas Tucat Source: AFP
Jean-Luc Mélenchon lors d'une réunion précédant les élections européennes, à Bordeaux, le 29 avril 2019 (image d'illustration).

Lors d'une interview à la chaîne YouTube Thinkerview, le leader de La France insoumise a insisté sur la nécessité pour la France de sortir du commandement intégré de l'OTAN. Il prône également une détente des relations entre la France et la Russie.

Dans une interview accordée à la chaîne YouTube Thinkerview le 6 mai, le président du groupe France insoumise à l'Assemblée nationale, Jean-Luc Mélenchon, est longuement revenu sur la place de Paris dans l’OTAN et s’est insurgé de la mainmise qu'exercent, selon lui, les Etats-Unis sur la diplomatie française et plus largement européenne.

«L’indépendance est la condition de la souveraineté populaire. […] Nous ne sommes pas indépendants car intégrés dans un système de défense qui a la particularité de nous lier aux décisions d’autres, et en particulier les Etats-Unis d’Amérique qui dominent et dirigent l’OTAN», a expliqué le député des Bouches-du-Rhône, en référence à la présence de la France dans le commandement intégré de l'organisation militaire.

Pour Jean-Luc Mélenchon, les Etats-Unis «font ce qu’ils veulent» au sein de l'OTAN et «imposent aux participants de leur alliance d’acheter leur matériel». Il pointe, côté français, une «stupidité» consistant à se fournir en «logiciels» outre-Atlantique pour équiper les «missiles français» ou «le siège de l’armée». «De capitulation en capitulation vous devenez un pays vassal. Et nous sommes un pays vassal des Etats-Unis d’Amérique», s'est désolé l'ancien socialiste.

Sortie de l'OTAN

«Déjà, il faut commencer par sortir du commandement intégré. Que faisons-nous là-dedans ?», martèle encore le chef de file des Insoumis. Et d'ajouter : «Qu’est-ce que cela nous rapporte ? […] Cela ne nous donne même pas le contrôle sur la 6e flotte qui patrouille en Méditerranée.» L'ex-candidat à la présidentielle s'indigne de la présence militaire américaine dans cette mer : «Ils cherchent uniquement à manifester leur puissance et leur capacité à menacer tout le monde. […] Ce sont d’eux qu’il faut s’éloigner tout en leur expliquant notre choix.»

Mais alors, qui seront les alliés de la France dans un tel scénario ? «Si je gouvernais le pays […] [il faudrait] construire une autre alliance et faire baisser la pression avec les Russes. Une alliance avec tous ceux qui seraient d’accord pour avoir comme priorité cette indépendance et cette souveraineté populaire», fait valoir Jean-Luc Mélenchon. Il milite pour une détente des relations avec Moscou : «Nous faisons semblant de croire que la Russie va envahir quelqu’un, or la Russie n’a naturellement l’intention d’envahir personne, et surtout pas les pays baltes». Dans ce contexte, le député insoumis regrette que «pour la première fois depuis 300 ans, il y [ait] des soldats français à la frontière russe avec une cinquantaine de chars et une centaine de pilotes répartis entre la Pologne et les pays baltes». Une situation qu’il qualifie «d’absurde».

Face à la caméra de Thinkerview, le leader de la France insoumise se montre favorable à un règlement multilatéral des tensions internationales. «La seule régulation internationale que l’on peut admettre c’est celle de l’ONU [...]. Il n’y a donc aucun besoin particulier d’avoir un commandement militaire intégré de l’OTAN, qui […] nous transforme en supplétifs de l’armée américaine», a-t-il exposé.

Jean-Luc Mélenchon a l'habitude de prôner un apaisement des relations entre Paris et Moscou, tendues notamment en raison de la crise ukrainienne et du conflit syrien, ainsi qu'une plus grande indépendance de la France vis-à-vis des Etats-Unis.

Lire aussi : La Russie appelle l'OTAN à cesser ses activités militaires près de ses frontières

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