Abstention record chez les marcheurs sur la loi anticasseurs : vent de fronde chez LREM ?

Abstention record chez les marcheurs sur la loi anticasseurs : vent de fronde chez LREM ?© Philippe LOPEZ Source: AFP
Questions au gouvernement le 29 janvier 2019 à l'Assemblée nationale (image d'illustration).

Le texte de la proposition de loi anticasseurs a finalement été adopté à l'Assemblée nationale, mais le vote marque un coup d'arrêt symbolique dans la machine bien huilée de la majorité : 50 marcheurs se sont abstenus... Un record pour l'exécutif.

Les députés marcheurs ont semblé embarrassés de voter pour le texte très décrié de la proposition de loi dite anticasseurs. Le magazine L'Express évoque un «camouflet» pour l'exécutif. Ils ont été 50 à refuser de voter en faveur de la loi le 5 février, un signal fort adressé au gouvernement. Un député Modem a même voté contre, Brahim Hammouche, qui a expliqué : «C'est ma liberté qui me l'impose aujourd'hui, se justifie ce dernier. C'est ma conscience qui me le rappellera demain dans l'hiver des peuples qui arrive.»

La majorité hésite. Certains admettent la difficulté : «Au-delà de 30 abstentions, ça devient chaud», s'inquiétait une députée LREM quelques minutes avant le vote citée par L'Express. Mais d'autres minimisent. Ainsi, Jean-Baptiste Djebbari, porte-parole du groupe à l'Assemblée, a temporisé : «C'est un événement, ce n'est pas un schisme. 50 abstentions, c'est 16% du groupe. Ils sont minoritaires.» Mais même le porteur du texte, Jean-François Eliaou, au sein du groupe LREM reconnaît : «50 abstentions, c'est beaucoup. C'est quelque chose qui prête à réflexion.»

C'est une loi de situation

La «réflexion» n'a semble-t-il pas entamé la détermination des frondeurs en marche, pourtant, la députée LREM de la Manche, Sonia Krimi, se montrant par exemple assez catégorique sur ce texte qu'elle a boudé. Au micro de LCP, la députée a dénoncé une loi qui menace le droit de manifester dans son article 2. Et de rappeler : «C’est un droit qui me semble être fondamental. [...] C'est une loi de situation. [...] C'est ce qui a tué le quinquennat Sarkozy.»

Toujours selon les informations de L'Express, à huis clos, les marcheurs Aurélien Taché, Cécile Rilhac et Mireille Clapot auraient ouvert les hostilités lors d'une réunion au cours de laquelle ils auraient critiqué une loi jugée liberticide et dangereuse. Les députés de la majorité auraient notamment essayé de mettre en garde leurs collègues sur ce qu'un autre gouvernement pourrait faire de mesures d'interdiction de manifester. 

L'ancien militant du Parti socialiste passé à la macronie, François Cormier-Bouligeon, aurait à cette occasion protesté : «Il ne faut pas inverser les valeurs et les faits. Qui est liberticide ? Ce sont ceux qui empêchent les députés ou les journalistes de travailler librement, en les menaçant ou en les molestant. Je viens de la gauche, je veux défendre la liberté de manifester. Cela ne me dérange pas de priver de liberté les ennemis de la liberté, mais avec une procédure provisoire et encadrée par le juge administratif, qui n'est pas un juge mineur dans notre état de droit. Bien au contraire.»  

Par ailleurs, toujours selon cette source, plusieurs élus LREM se seraient plaints de l'activisme des contempteurs du texte... Les mêmes noms reviennent : Sonia Krimi, Matthieu Orphelin et Aurélien Taché. Mais au-delà du caractère vexatoire pour le gouvernement, le résultat demeure : avec 50 députés de la majorité qui ont refusé de voter le texte, il s'agit d'un record d'abstention pour le nouveau monde. Le dernier écueil en date de ce type avait été le vote sur la loi asile-immigration en avril 2018 : 14 marcheurs s'étaient alors abstenus.

Mais les 16% d'abstentionnistes pourraient-ils devenir une source d'inquiétude ? Pas selon un marcheur cité par L'Express : «Le Premier ministre va dire : "On s'en fout des 50, et on fonce !"»

Lire aussi : Interdiction de manifester : UNSA Police tire à boulets rouges sur la décision de la majorité

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