Un photomontage de Macron grimé en Pinochet a-t-il été censuré ?

Un photomontage de Macron grimé en Pinochet a-t-il été censuré ?© TopFoto / Roger-Viollet
Photomontage d’Emmanuel Macron. Capture d'écran (gauche) - TopFoto / Roger-Viollet (droite)

L'office de lutte contre la cybercriminalité a demandé à Google+ de bannir une image sur laquelle figuraient le chef de l’Etat, Edouard Philippe et Christophe Castaner caricaturés en dictateur chilien Augusto Pinochet et deux de ses généraux.

L'Office central de lutte contre la criminalité liée aux technologies de l’information (OCLCTIC) a bien réclamé le 14 janvier 2019 au réseau social Google+ de retirer un photomontage partagé par un utilisateur, caricaturant Emmanuel Macron, Edouard Philippe et Christophe Castaner. Sur le photomontage, diffusé le 14 décembre par un internaute au nom de «Philippe Petit», on voit les visages du président de la République et de ses deux ministres transposés sur une photographie représentant le dictateur chilien Augusto Pinochet entouré de ses généraux.

La photographie originale date de 1973 et été prise par Chas Gerretsen, un photographe néerlandais de l’agence Gamma. Comme le précise le site Phototrend, «la posture, l’expression stricte et ferme du général Pinochet sur cette image sera réutilisée et largement détournée pour illustrer les excès de violence de sa dictature militaire».

Un photomontage de Macron grimé en Pinochet a-t-il été censuré ?© Capture d'écran Google +
Photomontage publié le 14 décembre où Emmanuel Macron Edouard Philippe sont comparés au dictateur chilien Augusto Pinochet et l'un de ses généraux.

Comme le rapporte CheckNews, cette demande de retrait de la part de cet organisme de la police dédié à la lutte contre la cybercriminalité, a été révélée par le site d’information spécialisé Next Inpact.

Pour autant, la justification de cette requête par cette office pose question. En effet l’OCLCTIC a pour base principale de lutter contre la cybercriminalité. Elle peut ordonner le blocage d’un site internet sur simple décision administrative, en dehors de l'autorité d'un juge, contre des sites «provoquant à des actes de terrorisme ou en faisant l'apologie et des sites diffusant des images et représentations de mineurs à caractère pornographique». L'organisme n'a fait aucun commentaire sur la demande en question.

«[Cette demande] pose notamment la question de la base légale de cette requête de suppression de contenu (à laquelle Google n’a pas encore accédé)», écrit par ailleurs ChekNews.

En décembre 2018, l’organisme a effectué deux demandes similaires visant deux tweets, l’un insultant, l’autre à caractère raciste, selon CheckNews.  

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