Un retraité interrogé par les services de renseignement après l'envoi de ses doléances ?

Un retraité interrogé par les services de renseignement après l'envoi de ses doléances ?© BENOIT TESSIER Source: Reuters
Une femme écrivant sur un cahier de doléances dans la commune de Grand Bourgtheroulde le 14 janvier (image d'illustration).

Le grand débat national, une «nouvelle forme de démocratie» ? Selon Le Parisien, un homme a été interrogé par les services de renseignement après avoir envoyé ses revendications à la préfecture du Val-d’Oise.

Un retraité habitant à Mériel dans le Val d'Oise aurait été interrogé par les services de renseignement après avoir envoyé ses doléances à la préfecture. L'information a été rapportée par Le Parisien le 15 janvier. Alors que le grand débat national devait permettre «d'inventer une nouvelle forme de démocratie», selon Emmanuel Macron, le Meriellois est devenu dubitatif quant à la démarche. «Ils disent que le débat est ouvert à tous, mais derrière on est fliqué», a-t-il répondu au quotidien.

L'individu, qui déclare ne pas avoir manifesté avec les Gilets jaunes, ferait partie d'un groupe de discussions politiques sur les réseaux sociaux, «La lucarne», et d'un forum intitulé «les Gilets jaunes solidaires du Val-d’Oise». Faisant synthèse des revendications émises sur le forum, il aurait alors fait parvenir une lettre de doléances à la préfecture en décembre, sa mairie n’ayant d'après lui «pas encore mis de cahier à disposition». «Je me suis dit qu’il n’y avait qu’un seul moyen officiel de s’exprimer, en transmettant directement à la préfecture», a-t-il ajouté. Sur quatre pages, il aurait notamment évoqué les écarts de revenus, l’euro, l’éducation ou la laïcité.

Début janvier, selon son témoignage, il aurait reçu un appel du service départemental du renseignement territorial pour se rendre dans leur bureau ou, au choix, pour une rencontre à son domicile. Le rendez-vous aurait été pris à son domicile où pendant près d'une heure et demie, deux agents l'auraient alors questionné. «Ils m’ont posé beaucoup de questions, mais ne m’ont jamais dit pourquoi», a-t-il soutenu, affirmant que certaines questions portaient sur ses éventuels engagements politiques et sur l'identité des membres de son groupe sur le réseau social.

Interrogé par Le Parisien, la préfecture a assuré pour sa part que la démarche était «normale» : «A partir du moment où ce Monsieur se présente comme un Gilet jaune, il est normal qu’on le contacte. Ces doléances émanaient d’un groupe que nous ne connaissions pas du tout, on se pose logiquement des questions. Comme tout mouvement sociétal, il est suivi par les renseignements. Et d’ailleurs il n’y a pas eu de convocation, nous l’avons invité à nous rencontrer.»

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