La France deuxième pays de demande d'asile en Europe, avec une hausse de 22%

- Avec AFP

La France deuxième pays de demande d'asile en Europe, avec une hausse de 22%© Stéphane Mahé Source: Reuters
Des migrants lavant la vaisselle à Nantes après un repas gratuit distribué par une association, le 17 septembre 2018.

Par le jeu des flux secondaires et des déboutés, la France se place au second rang des pays d'accueil en Europe, après l'Allemagne. 122 743 demandes d'asile y ont été enregistrées en 2018, et 35 000 autres dossiers ont été inscrits en préfecture.

La France s'affirme comme le deuxième pays de demande d'asile en Europe, derrière l'Allemagne, avec une hausse de 22% des dossiers enregistrés l'an dernier dans l'Hexagone, où se replient de plus en plus de personnes déboutées dans les Etats voisins.

Un total de 122 743 demandes d'asile ont été enregistrées en 2018 par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (Ofpra), dont 113 322 premières demandes (le reste vient des réexamens), selon les statistiques de l'immigration publiées le 15 janvier par le ministère de l'Intérieur. Au total l'asile a été accordé à environ 36% des demandeurs en tenant compte de la Cour d'appel (CNDA), un niveau comparable à celui de l'année précédente. Après avoir franchi la barre des 100 000 en 2017, la demande d'asile a donc enregistré une accélération l'an dernier. On reste loin du million d'arrivées en Allemagne entre 2016 et 2017. 

L'Italie a pour sa part enregistré 54 000 dossiers en 2018 (contre 130 000 en 2017) selon le ministère italien de l'Intérieur. En Allemagne, on est à 174 000 demandes sur les 11 premiers mois de l'année, selon l'office des réfugiés (Bamf), ce qui représente là aussi une baisse.

En France, en revanche, la tendance augmente, du fait notamment des «flux secondaires», selon la Direction générale des étrangers en France (DGEF). Ce terme désigne des personnes déjà enregistrées dans un autre pays (surtout l'Italie, l'Allemagne ou l'Espagne), et qui doivent, au titre de la procédure Dublin, se charger de leur dossier. S'ils n'ont pas été renvoyés vers ce pays, ils pourront déposer une demande en France après avoir patienté entre six et 18 mois.

Quelque 35 000 demandeurs «dublinés» étaient ainsi enregistrés en préfecture l'an dernier (non comptabilisés à l'Ofpra). La moitié avait déjà été déboutée par un autre pays, selon la DGEF. 

Plusieurs hommes politiques ont immédiatement réagi à ces chiffres, comme le député Les Républicains Eric Ciotti pour qui Emmanuel «Macron enfonce notre pays dans le chaos migratoire» ou Florian Philippot, le leader des Patriotes, décrivant la France comme «un pays sans frontières nationales, ni maîtrise de sa politique migratoire».

L'Afghanistan principal pays d'origine

Parmi les demandeurs d'asile en France, on retrouve de nombreux Afghans, venus d'Allemagne notamment où ils ont moitié moins de chances d'obtenir l'asile. L'Afghanistan est redevenu l'an dernier le premier pays d'origine des demandeurs en France, avec 9 462 dossiers (+58%).  

Mais la demande d'asile se distingue aussi par des flux «dynamiques» en provenance de pays voisins de l'UE, comme l'Albanie (5 763 dossiers, en baisse de 23%) et la Géorgie, dont la demande a quasi quadruplé l'an dernier, à 4 776 dossiers.

Enfin, la France reçoit beaucoup de demandes de ressortissants de pays d'Afrique de l'Ouest francophone, tels que la Guinée (2e du tableau avec une hausse de 63%) ou la Côte d'Ivoire (5e avec 4 677 dossiers), arrivés par la Méditerranée.

Les reconduites en augmentation de quasiment 10%

Sur les sujets d'asile et d'immigration, le gouvernement a fait voter une loi visant à accélérer le traitement des demandes et durcir les reconduites. Pour les «dublinés», les pouvoirs publics s'efforcent d'augmenter les transferts vers le pays d'enregistrement, qui ont doublé en un an. Le taux global est à 12%, contre 22% en moyenne en Europe.

Les autorités cherchent aussi à augmenter les expulsions, et les statistiques de l'immigration font apparaître une hausse de 9,9% des reconduites d'étrangers en situation irrégulière (qui ne comptent pas que les déboutés) l'an dernier, au «plus haut niveau depuis le début de la décennie». Par ailleurs, «les éloignements aidés ont quasiment doublé», a précisé la DGEF.

Des mesures qui inquiètent les défenseurs des migrants : pour la Cimade ces chiffres «confirment l'attachement de la Place Beauvau à une politique chiffrée en matière d'enfermement et d'expulsion».

La France a accordé l'an dernier 255 550 titres de séjour, en hausse de 3,3%. L'immigration économique a été la plus dynamique (+19,5% à 32 815) et les régularisations ont augmenté de 4,2%, à 32 261 l'an dernier.

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