Compromis : Salvini accepte l’accueil d'une dizaine de migrants

Compromis : Salvini accepte l’accueil d'une dizaine de migrants© Ammar Awad Source: Reuters
Matteo Salvini le 11 décembre 2018 (image d’illustration).

Fin de l'imbroglio gouvernemental en Italie. Vœu de Luigi Di Maio, une dizaine de migrants seront accueillis. En échange, l'Italie devra obtenir de ses partenaires le respect de précédents engagements de répartition, un souhait de Matteo Salvini.

L'Italie reste-elle toujours opposée à tout accueil de migrants ? Le gouvernement italien est en tous cas parvenu à un compromis dans la nuit du 9 au 10 janvier afin d'accueillir une dizaine de migrants débarqués la veille à Malte après un accord de répartition au sein de huit pays européens.

«Il y a convergence au sein du gouvernement sur une ligne rigoureuse : ports fermés, lutte contre les passeurs et les ONG. Et j'ajoute que toute nouvelle arrivée ne devra pas coûter un centime aux citoyens italiens», a assuré ce 10 janvier le ministre de l'Intérieur et homme fort du gouvernement, Matteo Salvini.

On n'entre en Italie qu'avec une autorisation, je ne changerai jamais d'avis : stop aux ONG, je ne lâcherai rien

Le compromis a été trouvé lors d'une réunion qui a duré une heure et demi entre le chef du gouvernement, Giuseppe Conte, et les deux vice-présidents du Conseil, Matteo Salvini, patron de la Ligue, et Luigi Di Maio, chef de file du Mouvement 5 étoiles.

L’objet du désaccord gouvernemental ? Alors que Matteo Salvini martèle depuis plusieurs mois que les ports italiens sont désormais fermés aux migrants, Luigi Di Maio a souhaité la semaine du 31 décembre que l'Italie accueille les femmes et les enfants secourus avant Noël par l'ONG allemande Sea-Watch. Le président du Conseil italien s'était rangé du côté du second et l'Italie figurait le 9 janvier parmi la petite dizaine de pays s'engageant à se répartir ces migrants, au premier rangs desquels la France et l'Allemagne qui doivent accueillir chacune 60 personnes.

Malte rappelle à l'Italie sa promesse d’accueillir 50 migrants d'un précédent navire

Furieux, Matteo Salvini avait alors tancé : «On n'entre en Italie qu'avec une autorisation, je ne changerai jamais d'avis : stop aux ONG, je ne lâcherai rien». Il menaçait également d'en assumer «la responsabilité politique» au cas où le chef du gouvernement lui forçait la main.

Finalement, le natif de Milan a posé un genou à terre et accepté l’accueil de la dizaine de migrants qui seront pris en charge par l'Eglise vaudoise (protestants). Il a néanmoins obtenu qu'en échange l'Italie obtienne auparavant de ses partenaires européens le respect de précédents engagements de répartition. «L'immigration, c'est le ministre de l'Intérieur qui la gère», a-t-il commenté ce 10 janvier.

Nous n'avons pas à recevoir de leçons de Malte, qui a fermé les yeux pendant des années pour permettre aux embarcations de se diriger vers l'Italie

En juillet 2018, l'Allemagne, la France, le Portugal, l'Espagne et Malte s'étaient engagés à accueillir chacun 50 des quelque 450 migrants débarqués en Sicile par le Diciotti, un navire des garde-côtes italiens.

Or, selon Matteo Salvini, la France a respecté son engagement mais l'Allemagne n'a accueilli à ce jour que 23 personnes du groupe, l'Espagne 21, le Portugal 19 et Malte aucun. Et l'Irlande, qui s'était engagée pour 20, a pris 16 personnes.

La musique a changé, on ne peut arriver en Italie qu'avec un permis. Nous avons déjà trop accueilli, que les autres se réveillent

Dès l'annonce du compromis, le gouvernement maltais a réagi avec «mépris» et «surprise» en rappelant à Matteo Salvini dans un communiqué que l'Italie avait promis d'accueillir 50 migrants débarqués à Malte d'un autre navire humanitaire – le Lifeline – en juillet et que les services des deux pays avaient choisi de considérer les deux promesses comme tenues plutôt que d'organiser un double transfert. «Nous n'avons pas à recevoir de leçons de Malte, qui a fermé les yeux pendant des années pour permettre aux embarcations de se diriger vers l'Italie», a répliqué il Capitano, assurant : «La musique a changé, on ne peut arriver en Italie qu'avec un permis. Nous avons déjà trop accueilli, que les autres se réveillent»

Lire aussi : Crise migratoire en Italie : le flot se tarit, mais Salvini en est-il la cause ?

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