Le procès du cardinal Barbarin pour non-dénonciation d'agressions sexuelles s'ouvre à Lyon

- Avec AFP

Le procès du cardinal Philippe Barbarin a débuté ce 7 janvier à Lyon par des questions de procédures. Les deux parties sont toutefois descendues dans l'arène, la défense dénonçant un «procès spectacle», les plaignants une «omerta».

Plus de trois ans après la révélation du scandale de pédophilie au sein de l'Eglise catholique lyonnaise, le cardinal Philippe Barbarin, 68 ans, et ses cinq co-prévenus, ex-responsables de son diocèse, sont jugés jusqu'au 9 janvier pour ne pas avoir dénoncé à la justice les abus commis sur de jeunes scouts, entre 1986 et 1991, par le père Bernard Preynat, dont le procès pourrait avoir lieu en 2019.

Omission de porter secours

Les juges, qui doivent aborder les questions de procédure avant de traiter le fond de l'affaire, devront déterminer si Philippe Barbarin et ses cinq co-prévenus ont suffisamment réagi en apprenant les accusations d'agressions sexuelles sur de jeunes scouts.

Les prévenus encourent trois ans de prison et 45 000 euros d'amende. Deux d'entre eux, Philippe Barbarin et Régine Maire, l'ex-responsable lyonnaise de la cellule d'écoute des victimes de prêtres pédophiles, sont également poursuivis pour «omission de porter secours». Les plaignants leur reprochent d'avoir maintenu le prêtre au contact d'enfants jusqu'en 2015, date à laquelle une victime a porté plainte pour la première fois, alors qu'ils étaient au courant des agissements passés du père Preynat.

Entré le visage fermé dans la salle du tribunal sous les flashes de dizaines de photographes et cameramen, dont de nombreux médias étrangers, le cardinal, vêtu d'une veste sombre sur un pull gris et chemise à col romain de prêtre, s'est assis sur le banc des accusés et a semblé se recueillir quelques minutes, mains jointes, avant l'ouverture des débats.

Premières passes d'armes entre plaignants et défense

La défense de Philippe Barbarin et de cinq anciens membres du diocèse de Lyon a fustigé d'emblée un «procès spectacle», là où les plaignants veulent dénoncer «l'omerta» de l'Eglise.

«Il y a plus de journalistes que de public dans la salle», a lancé Xavier Vahramian, avocat de Régine Maire. «L'objectif est bien de prendre l'opinion à témoin en allant devant le tribunal donc il faut assumer», a poursuivi le conseil. Y compris financièrement, en versant une consignation. Celle-ci a été payée par une association, La Parole libérée, à l'origine des révélations sur l'affaire : un «mélange des genres» jugé inapproprié par la défense, mais sans conséquence par le parquet. 

«Vous n'avez absolument rien compris des souffrances de ces victimes d'agressions sexuelles qui, même adultes, sont incapables de sortir de cet état de sidération», a répliqué Nadia Debbache, une avocate des plaignants. «Leur préjudice personnel, c'est le fait d'avoir été maintenus dans cette situation par votre silence», a-t-elle ajouté.

Au Vatican, le pape François s'est engagé ce même jour à combattre les violences sexuelles sur mineurs, «l'un des crimes les plus vils et les plus néfastes possibles», lors de ses vœux au corps diplomatique accrédité auprès du Saint-Siège.

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