«Pot de maquillage sur la tête» : un député LREM attaque une sénatrice sur son apparence

«Pot de maquillage sur la tête» : un député LREM attaque une sénatrice sur son apparence© Charles Platiau/Reuters ; Capture d'écran RMC
Passe d'armes entre Joachim Son-Forget et Esther Benbassa, attaquée sur son apparence.

La veille de Noël, Joachim Son-Forget, député LREM des Français de l'étranger, a publié un tweet reprochant à la sénatrice EELV Esther Benbassa, son maquillage. Accusé de sexisme, il s'est fendu d'explications alambiquées.

Esther Benbassa, sénatrice du parti Europe-Ecologie-Les Verts (EELV), a été la cible sur Twitter de Joachim Son-Forget, député La République en marche (LREM), le 23 décembre. Ce représentant des Français à l'étranger a en effet raillé le «pot de maquillage [qu'elle se met] sur la tête» dans un tweet public qui lui était directement adressé.

En réponse aux internautes volant au secours d'Esther Benbassa, l'élu LREM a envoyé des salves de photos de la sénatrice, à la cadence effrénée de 50 publications en 97 minutes, selon la principale intéressée, qui s'est dite harcelée.

Le pot de maquillage que vous vous mettez sur la tête

S'étonnant d'être si frénétiquement visée durant les fêtes, la sénatrice EELV a répondu avec le hashtag #Metoo, utilisé depuis 2017 pour dénoncer les cas de harcèlement. Elle a fait appel à Gilles Le Gendre, président du groupe LREM à l'Assemblée, le chargeant de trouver une activité pour «le 31 décembre» a l'élu désœuvré, afin qu'il ne passe plus son temps sur Twitter.

Je tremble

Le président du groupe La République en marche (LREM) Gilles Le Gendre, a réagi en affirmant que le Bureau du Groupe parlementaire du parti se désolidarisait de Joachim Son-Forget à la suite de «ses propos inadmissibles». Et Gilles Le Gendre d'ajouter : «Aucune controverse politique ne justifie de verser dans le sexisme et la vulgarité.» Vraisemblablement peu impressionné, Joachim Son-Forget, réagissant au commentaire d'un internaute qui réclamait des sanctions concrètes, a laconiquement répondu : «Je tremble.»

Le député socialiste Luc Carvounas a également interpellé Gilles Le Gendre à qui il a demandé de «condamner les propos sexistes et minables du député». 

Un «buzz» sur les principes de la psychologie cognitive : la défense boiteuse de Son-Forget

Docteur en médecine, se présentant comme spécialisé en sciences sociales, Joachim Son-Forget s'est depuis défendu dans le quotidien Libération, expliquant avoir voulu créer un «buzz» sur les principes de la «psychologie cognitive». «Avec ma réponse un peu éclectique, j’ai voulu lui montrer ce que ça fait quand on est victime d’une campagne ad hominem», a-t-il expliqué. Pris à partie par les internautes qui lui ont demandé de retirer ses tweets et l'ont accusé de sexisme, le député a réfuté sur France Info les intentions qu'on lui prêtait : «Il est expliqué dans mon tweet que c’est une démonstration d’amalgame violent et que ce n’est en aucun cas quelque chose que je pense»s'est-il défendu, ajoutant qu'il ne faisait«rien par hasard et surtout pas les tweets».

Elle n'est pas vulgaire, l'arrogance aux dents blanches des riches et des puissants ?

L'algarade avait débuté après un tweet de la sénatrice en réaction à un article du journal Le Monde, qui faisait état des attaques verbales contre Emmanuel Macron dans le contexte de la mobilisation des Gilets jaunes. Des propos attribués à l'épouse du chef de l'Etat étaient rapportés dans l'article : «Je connais cette violence et cette vulgarité, ce sont les mêmes qui étaient déposées dans la boîte aux lettres de mes parents, lorsque j’ai rencontré Emmanuel.»

Une phrase à laquelle Esther Benbassa avait rétorqué le 22 décembre : «Brigitte Macron déplore la violence et la vulgarité des Gilets jaunes. Ce n'est donc pas violent, la pauvreté ? Et elle n'est pas vulgaire, l'arrogance aux dents blanches des riches et des puissants ?»

Expert en polémiques ?

Joachim Son-Forget n'en est pas à son coup d'essai avec les tweets polémiques. Il avait notamment soulevé les protestations de certains internautes sur Twitter en affirmant que les propos de Marcel Campion envers les homosexuels (qualifiés de «pédés» par le forain) n’étaient pas homophobes. Dans un autre épisode qui avait fait couler de l'encre, il s'en était pris à Donald Trump, assénant une formule d'une élégance toute relative : «La France kisses your ass» (La France t’embrasse le c...)

En 2017, évoquant les démêlés judiciaires de Richard Ferrand, impliqué dans une opération immobilière douteuse à l'époque où il était président des Mutuelles de Bretagne, le député s'emportait : «On ne doit pas avoir un retour de la morale, parce que ça c'est le début de la charia.»

Lire aussi : Affaire Ferrand : pour un député LREM, «le retour de la morale [...] c'est le début de la charia»

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