«Même combat que les Gilets jaunes» : un syndicat de police dépose un préavis de grève

«Même combat que les Gilets jaunes» : un syndicat de police dépose un préavis de grève© PATRICK HERTZOG
Des manifestants font face à des policiers lors d'une manifestation de Gilets jaunes à Strasbourg, le 1er décembre 2018.
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Le syndicat de police Vigi a déposé un préavis de grève illimitée à partir du 8 décembre concernant certains fonctionnaires du ministère de l'Intérieur. L'organisation affirme rejoindre le combat des Gilets jaunes.

Le syndicat de police Vigi a déposé un préavis de grève illimitée à partir de samedi 8 décembre, jour de la prochaine mobilisation nationale des Gilets jaunes. Ce préavis ne concerne que les agents administratifs, techniques, scientifiques, les ouvriers d'Etat et cuisiniers de la police nationale. Mais le geste est fort en pleine période de contestation.

Nous craignons d'avoir des morts parmi nous

«Les revendications portées par le mouvement des gilets jaunes, nous concernent tous. Il est temps de s’organiser légalement et d’être solidaire avec eux, pour l’avantage de tous. Nous sommes concernés car nous faisons partie du peuple. Notre préoccupation est de boucler la fin du mois et non de changer les moquettes de l’Elysée pour 300 000 euros», explique Vigi.

Auteur: RT France

«Notre hiérarchie va encore nous envoyer prendre les coups à sa place et à la place du gouvernement le samedi 8 décembre 2018. Nous savons que nous aurons des blessés et nous craignons d’avoir des morts parmi nous, à cause de l’incompétence de directeurs», s'insurge le syndicat qui alerte : «Sans les adjoints techniques et ouvriers cuisiniers, les compagnies de CRS peuvent être immobilisées.»

N’allez pas vous faire blesser, mutiler ou tuer pour des personnes qui pensent que vous êtes de la chair à canon

Et de vertement critiquer Emmanuel Macron : «Dernièrement, le président de la République nous a pris pour des "mercenaires"  en voulant nous "acheter" avec une prime d’un montant inférieur au coût des heures supplémentaires sur la journée du 1er décembre.» Lors d'un déjeuner avec des CRS le 3 décembre, le locataire de l'Elysée avait annoncé le versement d'une prime exceptionnelle destinée aux forces de l'ordre mobilisées lors du troisième acte des Gilets jaunes.

Vigi appelle en outre les forces de l'ordre à user de leur droit de retrait qui permet à tout salarié d'arrêter son travail et de quitter son lieu de travail, lorsqu'il estime faire face à un danger grave : «N’allez pas vous faire blesser, mutiler ou tuer pour des personnes qui pensent que vous êtes de la chair à canon. Pensez à vous, vos familles et vos proches.»

En parallèle, Alexandre Langlois, secrétaire général de Vigi, a interpellé le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner : «Les personnels de tous les corps de la Police nationale sont épuisés par une accumulation de plus de 25 millions d’heure supplémentaires.» Il reproche par ailleurs au gouvernement d'avoir augmenté la CSG, gelé le point d’indice ou encore fiscalisé les indemnités de travail des CRS.

Plus tôt, au micro de RT France, Alexandre Langlois déplorait de ne pas avoir été convié à la rencontre organisée dans la matinée du 4 décembre entre le ministre de l'Intérieur et des syndicats policiers. Vigi se dit néanmoins prêt à «trouver des solutions permettant d’améliorer le pouvoir d’achat des personnels du ministère de l’Intérieur et par extension des Français».

Cet appel à la grève intervient alors que le patron de la place Beauvau a annoncé le 4 décembre, lors de son audition par la Commission des lois du Sénat, un renforcement des effectifs des forces de l'ordre pour prévenir d'éventuels débordements le 8 décembre.

Lire aussi : Ambulanciers, agriculteurs, étudiants et lycéens se greffent à la contestation des Gilets jaunes

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