Actes antisémites en hausse : passe d'armes entre Edouard Philippe et le Rassemblement national

- Avec AFP

Actes antisémites en hausse : passe d'armes entre Edouard Philippe et le Rassemblement national© Francois Mori Source: Reuters
Edouard Philippe au sortir du conseil des ministres à Charleville-Mézières, le 7 novembre (image d'illustration).

Le Premier ministre a publié sur Facebook un texte visant à dénoncer le regain des actes antisémites en France au cours de l'année 2018. Marine Le Pen et Louis Aliot ont réagi, estimant que les causes du mal n'étaient pas traitées.

Le Premier ministre a pris la plume sur Facebook le 9 novembre pour alerter sur la très forte hausse des actes antisémites en France au cours des neuf premiers mois de l'année 2018 (+69%), après deux années de baisse. Dans son texte, Edouard Philippe a mis en parallèle cette situation avec l'histoire allemande, en faisant référence à la nuit de Cristal du 9 novembre 1938 au cours de laquelle les nazis se sont livrés à des exactions contre leurs concitoyens juifs : «Chaque agression perpétrée contre un de nos concitoyens parce qu'il est juif résonne comme un nouveau bris de cristal.»

Et de poursuivre : «Pourquoi rappeler, en 2018, un aussi pénible souvenir ? Parce que nous sommes très loin d’en avoir fini avec l'antisémitisme», avant d'évoquer les chiffres «implacables» des actes antisémites en France sur la partie écoulée de 2018.

Ces chiffres ne sont «pas une surprise», a réagi le président du Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif) Francis Kalifat, interrogé sur LCI, qui ajoute : «L'antisémitisme est profondément ancré dans notre pays [...]. On ne peut plus aller de plan en plan pour lutter contre l'antisémitisme, parce que nous constatons que ces plans qui se succèdent n'arrivent pas à résorber ce cancer qui gangrène notre société.»

Le Rassemblement national pointe «l'islamisme radical»

La présidente du Rassemblement national (RN), Marine Le Pen, a vivement réagi aux propos du Premier ministre, estimant pour sa part que «refuser de désigner la cause» de la montée de l'antisémitisme, identifiée comme étant «l'islamisme radical» par son compagnon Louis Aliot, revenait à «se condamner à l'impuissance et donc [à] renoncer à le combattre». Selon le député des Pyrénées orientales et membre du bureau exécutif du Rassemblement national (RN) : «Pour lutter contre l’antisémitisme, il faut se concentrer sur sa source et avoir le courage de le combattre. Ouvrir les yeux sur la cause est déjà une première étape. Contre l’islamisme radical pas de faiblesse ! Toute ma sympathie à nos compatriotes visés par cette haine.»

L'antisémitisme relève la tête

Après une année 2015 record, les actes antisémites avaient nettement reculé en 2016 (-58%). La décrue s'était poursuivie en 2017 (-7%), avec 311 actes répertoriés, même si elle masquait une augmentation des actes violents visant les juifs.

Selon les informations de l'AFP, le gouvernement prépare pour 2019 une modification de la loi afin de renforcer la lutte contre la «cyberhaine», en mettant la pression sur les opérateurs du Net. Le récent plan du Premier ministre contre le racisme et l'antisémitisme prévoit l'expérimentation d'«un réseau d’enquêteurs et de magistrats spécifiquement formés à la lutte contre les actes haineux», qui pourrait être étendu à l'échelon national, ainsi qu'un dispositif de pré-plainte en ligne afin de favoriser les signalements.

Lire aussi : De Mélenchon à Philippot, Macron vertement critiqué pour son hommage au «grand soldat» Pétain

Raconter l'actualité

Les opinions, assertions et points de vue exprimés dans les commentaires sont le fait de leur auteur et ne peuvent en aucun cas être imputés à RT.

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies. Cliquez ici pour en savoir plus.

Accepter