Hausse de la pauvreté chez les seniors : le Secours catholique tire la sonnette d'alarme

- Avec AFP

Hausse de la pauvreté chez les seniors : le Secours catholique tire la sonnette d'alarme© Eric Gaillard Source: Reuters
Les personnes âgées vivent des situations de plus plus précaires (image d'illustration).

Les personnes de plus de 50 ans sont toujours plus nombreuses à pousser la porte du Secours catholique, relève l'association dans son rapport annuel publié le 8 novembre. Elle s'inquiète d'une «précarisation des seniors» depuis une dizaine d'années.

En 2017, le Secours catholique a accueilli 1,4 million de personnes dont près de la moitié sont des enfants. S'ils restent minoritaires, les seniors sont de plus en plus nombreux à solliciter de l'aide : de sorte que les plus de 50 ans représentent désormais «un tiers» des personnes rencontrées, «contre un peu plus d'un quart en 2010», selon le rapport.

«On assiste à une précarisation des seniors depuis une petite dizaine d'années», explique à l'AFP le secrétaire général du Secours catholique, Bernard Thibaud. «C'est le fruit du chômage de longue durée et de parcours de plus en plus hachés, qui débouchent sur des retraites difficiles [...] Les ruptures de vie sont plus fréquentes et le phénomène est appelé à s'accentuer», s'inquiète-t-il.

Souvent isolés, les seniors aidés par l'association n'arrivent plus à joindre les deux bouts avec leur retraite ou leur minimum vieillesse.

Globalement, le Secours catholique note «un creusement des disparités de profil» de ses bénéficiaires, «avec d'un côté une population française plus féminine et vieillissante, de l'autre une population étrangère plus masculine et jeune».

On voit de plus en plus de personnes au-dessus du seuil de pauvreté venir nous voir, c'est le signe d'un problème

Le revenu médian des ménages aidés par l'association (tous âges confondus) atteint 540 euros par mois. Un niveau de revenus largement inférieur au seuil de pauvreté, fixé au minimum de 1 026 euros par mois pour une personne seule et en vertu duquel l'Insee comptabilise 8,8 millions de personnes pauvres en France.

Face à la hausse constante du coût de la vie, notamment du logement et de l'énergie, les bénéficiaires de l'association sont de plus en plus pauvres, selon Bernard Thibaud. «On parle toujours des revenus, mais jamais du reste à vivre, qui baisse continuellement», insiste-t-il. «On voit de plus en plus de personnes au-dessus du seuil de pauvreté venir nous voir, c'est le signe d'un problème», conclut-il.

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