Shoah : l'acteur Océan vertement critiqué par Christine Angot pour son soutien à Houria Bouteldja

Shoah : l'acteur Océan vertement critiqué par Christine Angot pour son soutien à Houria Bouteldja© KENZO TRIBOUILLARD Source: AFP
L'écrivain Christine Angot

Invité dans l’émission On n’est pas couché pour évoquer une pièce de théâtre, Océan a été interpellé par Christine Angot sur un tout autre sujet : sa tribune de 2016 défendant Houria Bouteldja, qui déplorait une «instrumentalisation de la Shoah».

Diffusée le 3 novembre, l’émission On n’est pas couché sur France 2 a été le théâtre d’une énième joute verbale impliquant cette fois, la chroniqueuse Christine Angot et le comédien Océan, anciennement connu sous le nom de scène d’Océane-Rose-Marie. L'acteur, qui avait annoncé avoir changé de genre le 17 mai, à l’occasion de la Journée internationale contre l'homophobie et la transphobie, était venu parler de la nouvelle pièce de théâtre dans laquelle il tient un rôle, Justice.

Au début courtois, l’échange s’est rapidement tendu lorsque la chroniqueuse a décidé d’interroger l’acteur sur des propos qu’il avait tenus dans une tribune publiée en mai 2016 dans Libération et intitulée Qui a peur de Houria Bouteldja ? Océan y défendait la porte-parole des Indigènes de la République (PIR) lors de la parution de son livre, Les Blancs, les Juifs et Nous. Houria Bouteldja est notamment accusé d'y exposer des opinions racistes, antisémites et homophobes.

Cette phrase est indéfendable

«Je cite juste une phrase dans cette tribune, vous disiez : "Elle [Houria Bouteldja] interroge l'extermination des juifs d'Europe et son instrumentalisation par le projet sioniste depuis le monde colonisé". Est-ce que vous pouvez m'expliquer, quand vous dites : "Extermination des Juifs d’Europe et son instrumentalisation par le projet sioniste"… ?», demande Christine Angot, outrée. «On va vraiment parler d'Israël là ? On n'a pas le temps», lui rétorque alors Océan, visiblement peu enthousiaste à l'idée de se replonger dans cette tribune.

Christine Angot réitère sa question : «Vous ne savez pas pourquoi vous utilisez ce mot [instrumentalisation] ?» Présent sur le plateau, l'éditorialiste Franz-Olivier Giesbert, acquiesçant à la question de l’écrivain, s’insurge : «Cette phrase est indéfendable, vous pouvez la tourner dans tous les sens, elle est dégueulasse.»

Tentant de s’expliquer, Océan reconnaît une phrase «maladroite» et assure qu’il s’intéressait alors «au fait qu’[Houria Bouteldja] déplaçait le point de vue». «Elle parlait d'un point de vue de descendant, d'indigène et son discours me semblait intéressant à écouter», fait-elle valoir.  Et de poursuivre : «Cela a été difficile pour moi, car on m'a reproché cette tribune avec une violence assez phénoménale.»

Il y a des gens qui se sont fait exterminer

Une explication qui ne convainc guère Christine Angot, qui le coupe : «Non non non, la violence n'est pas de ce côté-là. Elle n'est pas du côté des reproches, elle est du côté de votre phrase. Vraiment. C'est terrible, je vous assure. Et il n'y a pas de point de vue dans ce domaine. Il y a des gens qui se sont fait exterminer.» «A quel moment je nie ça ?», a rétorqué Océan, avant de préciser la teneur des propos de Houria Bouteldja : «On parle de comment l'Etat d'Israël fait subir une violence aux Palestiniens, c'est de ça dont je parle.»

En retrait pendant l’échange, Laurent Ruquier intervient alors pour tenter de clore le débat. «C’est fait, c’est dit. Je pense que vous regrettez ce que vous avez dit», lance-t-il à Océan. Ce dernier répond alors qu’il regrette ne pas avoir le temps nécessaire pour expliquer le choix qui l'a conduit à soutenir cette tribune.

C’est comme Faurisson, cela ne se discute pas

A peine son intervention terminée, Franz-Olivier Giesbert s’emporte à nouveau : «Cela ne se discute pas. C’est comme [Robert] Faurisson, cela ne se discute pas. C’est oui ou non. La seule chose [que vous devez faire] pour vous en sortir c’est de dire : "Excusez-moi". Il faut savoir s’excuser dans la vie.» Océan clôt alors la séquence en s’excusant et en déplorant une mauvaise interprétation de ses propos.

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